October

The wind still smells the same
and brings nothing
but all my memories in one shot
down the gust, down my guts.
Time is flying inside me
one shot, strong spirit
drawing back my stomach
from under the soils.
Another internal flight,
another domestic crawl.

January

The cold still feels the same
and brings home
a suitcase that’s heavier than me
starting now
snow will punch holes in me
will patch me with holy
sheets
shared from winters in.
Love organs:
another all-white horizon,
another night on the sofa.

October

If it hasn’t killed me leaving
will have worn out
my string of days, so fragile
of a hundred twenty five million hai‘s
before my eyes. What’s close
is not even able to make it
-self another place among them,
another pace among traps.

January

If it hasn’t awakened me coming home
will have called me again,
recalled the string of years, the knots, the ribbons
and balls behind the sofa.
Being back is leaving again
in the past, in the vast
nothingness that’s pretense of nostalgia
that my eyes sniff in those cities of yes‘s
and yet without finding
anything else than wanderlust,
anything else than punishment.

October

Deliberate, my exiles stick
a bar into my mouth
a nail into my foot
and my other, rusty.
Every cure will have to be
geographic, metallic.
There’s an earth spinning around me,
months pass but don’t stop.
Other red leaves straight in my teeths,
other dead words rummaging in.

January

Deliberate, my escapes smash
a shot of wine down my throat
waste this body that’s suffering
too much alcohol.
Strangled memories,
estranged futures.
« Paris is spitting on us », he said
with love in his eyes
and am I not also
just another nostalgia hunter,
just another raincloud stirrer?

*This poem has been published in its original French version in the magazine La Tribune juive. I am still working on this English translation, but because the theme of this week’s dVerse Poets Pub is exile, I thought I could share it with you.

Je ne serai pas tranquille tant que je n’aurai pas tout avalé : mots, heures d’éveil et de sommeil, morceaux de trottoir râpeux comme une pilule de trop l’été.

Je ne serai pas tranquille tant que je n’aurai pas tout avalé sauf la pilule.

Je voudrais être déjà guérie sans même avoir pris la moindre croquée de médicament. Sans avoir pris la moindre croquée de douleur. (Puisque, semble-t-il, il faut en profiter. À moins que ce ne soit l’apprécier? Le verbe m’échappe alors que la douleur… non.)

Que faire de l’attente? Que faire des trous entre? Qu’est-ce qui est un trou et qu’est-ce qui n’en est pas un? Est-ce qu’un trou est forcément vide?

Ma vie ne l’est pas. Elle est pleine de toutes ces petites impatiences, les fesses douloureuses des chaises, à me peindre des faux-feelings sur le corps du type : I feel left behind, I feel ignored, I feel disrespected, I feel emptied. Je me sens sac, je me sens sale, je me sens la tête en bas.

Le trottoir est proche, donc, et parfois, c’est un bon remède contre le mal de bloc. Ça s’appelle l’homéopathie en grande quantité. Comme combattre un élément (ex. : le chaud) par ce même élément (ex. : le chaud). Ou encore l’homéopathie par l’homéopathie… Non, ça marche pas tout à fait.

J’ai la tête dure et la journée dure à boucler. Mon quotidien est une séquence de choses à avoir faites liées par des marques de frustration.

Des marques de dents? J’en doute. En général, j’avale mes pilules, ça passe plus vite.

Bonne digestion dans le noir.

With conflict and breast
a-rising
at the same lack of time

with resistance and nerves
a-wrecking
the same sack

oh rest

let my body soak back into the same
round disquiet
meantime
forced
still
am
I
.

I took a breath so deep it took me with it
away into the dream of breaths all over the court
and the swift moving of one’s heart to passions’ sounds
and the skips moving one’s heart to passions…

still.

With softness and beats
caressing
the same lack of skin

I grow
changed
still.

***
Both the haiku on the picture and the poem that follows were inspired by a change in my health… that has fortunately got way better since I made the decision to be open. Thank you to dVerse Poets Pub’s prompt for today, ‘Choice’, that was really inspiring to me. The depicted haiku will also be given out to a person (that remains unknown… still) as I’m taking part in AndHeDrew’s 20-day ArtGift challenge.

La synesthésie est embarquée dans le bus ce matin, avec Saint-John Perse, et on est partis faire un p’tit tour de jaune et vert sur Beaubien.
Il y avait toutes sortes d’arbres que je ne peux nommer ni encore moins décrire, les yeux plissés derrière mes lunettes en plastique pare-pollen. Tant pis, les poèmes feront la job, moi je ne connais que le monde de béton et de peinture déjà appliquée.
Ce soir je connaitrai celui des astres enchevêtrés. Peut-être deviendrai-je meilleure poète, ainsi bardée de vues téléscopiques et de vin. Peut-être pas. Mais j’ai le sentiment d’un vert sombre de forêt poignante, d’une ombre mouillée sur la pelouse dans laquelle je me trempe les pieds, d’une fontaine luisant sous un soleil lourd.
C’est ce que je me souhaite pour cette année. Ça, et un vent chaud qui sort d’une bouche de métro et qui me siffle un air de jazz. Toujours ce verre de vin.
On est maintenant dans les avenues, mon livre, ma folie des chiffres et moi – carrément « dans » puisque au-dessous du sol, au frais, bien à l’abri des dangereux collégiens en vacances. On se conserve bien ici : la poésie coule comme un miel jaune, les voeux s’envolent comme des grains de pollen neigeux. Il fait frais, il fait réconfortant.
Je ne sais pas où le bus nous a menés. Ce n’est pas le terminus, ici. Je suis encore dedans, et nous roulons dans les parcs bien arrosés. Dommage qu’il n’y ait plus de fleurs roses odorantes, me dis-je, un relent japonais en dedans de l’estomac.
Il y aura du beau, aujourd’hui; mon ventre le sent. Il y aura de la nature en ville, comme toujours. Il y aura d’autres natures, d’autres villes. Et au centre de tout ça, il y aura un livre mûr et moi, encore verte de ne pas savoir pourquoi.

To my dear Arman & Mélodie

1.
Cancelled vacation waved like a form
a disease, Montréal-like vibe.

2.
His Copenhagen waved like a flag
a regret, Oslo-night colour.

3.
Their Berlin, vibrant still like a wave
regretted, cemetery days.

Poems written for FormForAll, dVerse Poets Pub. Photos taken at Camellia Sinensis teahouse, and modified with Instagram.

Pour elle rien n’était plus beau que le blanc des os et le rien entre.
La vertu s’alignait sur son squelette vierge d’encres et de détours.
Elle avait tenté de se départir de tout, même du dé dans partir.
L’équilibre était fragile parce que l’équilibre était l’extrême.
Le moindre point sombre lancé dans l’espace la rendait muette.

C’est-à-dire qu’il la rendait sublimée, pure en comparaison.
Le mot ne s’échappait pas qui voulait de sa cage de dents.
Elle s’étendait par terre telle une page vide au comble.
Elle vivait l’extase dans la rétention de son pinceau.
Car elle était calligraphe, car elle ne l’était pas.

Écrire c’est souiller, disait-elle en le regrettant.
Et les mots tombaient, tranchants, dans l’abime.
Énorme, infecte, horrible, laide, belle, même.
Le coeur des choses ne peut pas être décrit!
(faisait-elle crier aux nuages de sa tête)

Le coeur des choses est découpé à blanc.
Son contour est noir, mais hors-champ.
Debout elle jette une ombre presque.
Des lueurs se forment à sa cornée.
Sous sa peau rien ne la retient.

Les points s’égrènent, et elle
Dans son regard seul le vide

I lay here apprehending the order of things
how the window enforces my view of peace
how the beams protect birds from the cat
how the light arrests every shape in their-

freeze-

I lay here apprehending
tension is mounting
the cat and I, sweating and swearing
under our broken breaths
where he detected power I
could only see laws, nature’s-

paws up-
freeze-

paws off-

I lay here within the order of things
how the squirrel ran away safely
how the fine glass maintained the protester in
how it prevented the cat from resting on
his stomach full with his view of peace

This poem was written for dVerse Poets Pub. Please visit other poets’ blogs and enjoy!
All pictures have been modified with Instagram.

1.
soleil éclatant
mes yeux brulent de voir facebook
converger enfin

2.
la cour intérieure
des papillons volent en groupe
il y a une issue

3.
matin d’insomnie
un masque pour rafraichir
mon visage rougi

4.
au gré de la vie
les itinéraires changent
tout le monde le sait

5.
la terre tourne carré
mon cerveau suit égaré
fenêtre bouchée

6.
je n’ai plus cours mais
je suis livrée à vous tous
mes dignes professeurs

7.
barbecues en feu
le chat qui dort rêve plutôt
de sushis bien frais

J’ai pas que perdu ma France; j’ai aussi perdu une stabilité, une prise sur le sol ambiant, un peu de souffle aussi. Je suis entrée dans un labyrinthe de couloirs, j’en suis ressortie avec une poignée de sureté qui ne dure que le temps d’une avalée.

Gulp. Ce son dans ma gorge, cette trace d’amertume sur ma langue : la culpabilité d’être malade?

J’ai le vertige d’être si haut, plus haut qu’un arc de triomphe, la tête penchée et secouée par les tours du vent de Montparnasse. Non, ce n’est pas le vin; mon coeur se serre à l’idée d’y gouter, je panique à l’idée de gouter, de quoi que ce soit.

Le voyage part. L’autre départ arrive. Le tournis n’est qu’un symptôme.

Mais quand même le coeur de soi tangue, on ne peut que s’agripper à la rambarde, prendre un grand coup d’eau salée, et se souhaiter le meilleur.

Et si on tourne la tête, on voit les meilleurs des amis, secouant des mouchoirs pour soi. Et on se dit que le parcours est balisé, après tout.

Il n’y aura pas de chute.

$OUND$ like different bloods mixed
rattle on my heart_ little pump of. LOSSES
_deployed_
a burn on the aorta
descending instead
I could swallow the whole piece but I
couldn’t risk opening. my. MOUTH

TURNED OUT like arrhythmia fixed
the hum of my heart_ beats forever. LOST
_diverted_
to fever in my nerves
restless inside
I could cry out the whole music but it
wouldn’t leave me. whole. ANYMORE

I used to feel rhythm down my cords
I WA$. wired
I used to be a heart
I used to be HEARD

$OUND$ like different bloods remixed
bumps on my heart_ little spin.it.ROUND
_underscored_
a burial of memories
understanding itself
I could feel my life over and over but I
chose to leave. its. TUNE$

mute.

# tHI$ POEM AND TYPOGRAPHY WERE INSPIRED BY bebetune$ (album: inhale C-4 $$$$$) # tHE THEME WAS GIVEN BY dverse poets’ pub HOST FOR THIS WEEK, sTUART mCpHERSON: our MUSIC. pLEASE READ OTHER POETS_ LISTEN TO MUSIC_ DANCE TO YOUR OWN HEARTBEAT. #