Archives des articles tagués être

Ai délaissé le blogue, trop de moments, trop de vie, peut-être. En ai capturé quelques-uns – les voici.

1.
Raquette en solo
je reprends mon souffle et vois
mes poumons dans l’arbre

(J’aurais donc dû prendre une photo de ces poumons de neige… Le lendemain, ils n’étaient évidemment plus là, emportés par le souffle de la tempête.)

2.
Dans l’instant présent
un seul battement; il n’y a
aucune arythmie possible.

3.
C’est facile, la vie :
qu’une seconde
à traverser

(N’est-ce pas?)

4.
La lune
reflet de ma beauté
satori

(d’il y a trop longtemps)

5.
Raquettes sur la neige
crissement
silence
crissement
immobilité

6.
De sous le four
deux sursauts
deux cris
la souris
bourrée d’herbe à chat

7.
Fragments de vie :
rien ne se perd,
tout s’écrit.

(Me semble que je l’avais déjà fait, celui-là. Bon, il était vrai dans ce moment-là aussi, ok?)

8.
Un jeu de Tetris
que je laisse aller :
les évènements s’empilent.

9. Ichigo, ichie :
une fraise,
une rencontre.

(Ça va du moins au plus absurde. Ou du plus au moins sain…)

chouette_lune

Je n’ai pas les mots pour décrire tout ce qui me flotte dans le ventre depuis quelque temps. Il y a bien sûr de l’amour, beaucoup d’amour, de la douleur, du soulagement, de la peur, et une émotion en particulier qui se laisse effleurer, mais pas énoncer.

Elle est motion : imaginez un sac rempli de sarrasin (du type de ceux qui vous laissent chaud ou froid) sur lequel vous passez votre main avec une pression suffisante pour l’écraser un peu. Eh bien, il change de forme. Vous pouvez même y tracer des cercles du bout de votre doigt; ils s’effaceront, en quelque sorte, lorsque le tissu reprendra sa place. Seules les billes sont disposées en rond, mais vous ne les voyez pas. Vous ne pouvez pas leur toucher, sauf oh si doucement, puisque vous en changerez ainsi la disposition… et tout serait à recommencer.

Vous êtes Judas qui ne peut pas croire s’il ne voit pas qui est de l’autre côté de la porte, ou ce qui est de l’autre côté du tissu.

En fait, non, vous n’êtes pas Judas : vous avez une certaine conscience du fait que vous avez délibérément passé votre doigt à la surface du Sac magique, et ce, il y a à peine quelques instants. Donc ce geste doit avoir eu un impact quelconque sur cet objet, parce que vous croyez à la loi de cause à effet et que vous avez des notions de biologie et de physique rudimentaires, vous semble-t-il. Les nerfs sensoriels, les propriétés des corps ronds… Vous les avez testés à maintes reprises en allant jouer dans les boules chez McDo.

Cependant, vous n’êtes pas assez calé en physique pour pouvoir modéliser les mouvements des grains de sarrasin et voir apparaitre, en trois dimensions dans votre tête, leur place respective dès le retrait de votre main.

Vous êtes un – minuscule – judas finalement. Vous savez que ça a sonné à la porte, vous êtes pas con, donc qu’il y a quelqu’un derrière la porte. Ça a toujours été ainsi : un bruit de sonnette, vos pas jusqu’à la porte, un coup d’oeil dans le petit trou, et voilà, quelqu’un se tenait là.

Votre raisonnement est irréprochable.

Et voici que je suis vous. Je remue des pièces dans mon estomac, je les modèle un peu comme j’aimerais qu’elles soient placées (imaginez votre mère qui fait son casse-tête sans prendre la peine d’allumer la lumière, et que la noirceur tombe) et quand j’enlève ma main, je sais pas vraiment ce que j’obtiens. Je sais que ça a bougé, par contre, et c’est ça qui compte. Je pense.

Des fois, c’est mon estomac qui bouge tout seul, qui cogne contre ses propres parois. Et là, j’aimerais ben ne pas voir, mais j’ai laissé le judas ouvert pour vous expliquer tantôt.

Parce que je me croyais pas moi-même.

Note : On me fait remarquer que l’incrédule dans la Bible, c’est Thomas, et non Judas. On voit toute l’étendue (sic) de ma culture biblique… Un morceau de robot à ceux qui auront trouvé l’erreur pendant la lecture. Ahem.

Mon âme aujourd’hui, une feuille d’érable
tombée, certes, mais aussitôt envolée
un appétit de terre et d’air
planté sur un corps de rosée

Il y a de ces jours où le coeur
veut aller plus vite que le respir
et s’enfarge dans la feuille sur le tapis
et ébrèche le bec de sa théière

Avec l’automne mon souffle est revenu
à la base, pu-er sur feuilles
question de décanter les battements
du reste des évènements réels

Les gestes ont dû reprendre le dessus
et les autres directions, dont la grâce
d’avoir été une feuille parmi tant d’autres
et peut-être aussi le chat

Mes mots coulent d’un coup, trois doigts
d’eau au fond du bol, et frappent
les parois pour rendre vert
ce qui reviendra à mon essence

Photos instagrammées. Suivez-moi: @meme_aimee.

Ex -iste
Base ta vie sur tout ce qu’elle a déjà été
tout ce qu’elle t’a promis en te nouant un ruban
au ventre
Devient partisan de ta reconstruction
et de ce que le temps t’a coulé comme carapace
autour

Pers -iste
Reçoit les ordres qui se peuvent
ceux qui te démontent les morceaux lourds de fonte
au fond
Perce tes yeux du rayon le plus blanc
jusqu’à t’en bruler les cônes de ton chemin
autant

être
exister

Passé -iste
Rétrograde jusqu’au centre mou puis clanche
fonds-toi comme une crotte de nez au mur
au palais
Passe outre tes règles de salubrité
celles qui t’enveloppent de ruban plastique
Achtung

sois
existe

Voici le texte de la nouvelle qui a été envoyée au concours de nouvelles de la Zone d’écriture… sans succès. Je me permets donc de la partager avec vous.

Et l’on se perd, et l’on s’allonge, et l’on commence ses dires par et et une euphonie.

Autant dire qu’on commence par l’inutile. Ou par les artifices réservés aux seuls maitres et maitresses du style, ces visages jaunis posés comme des idoles devant les classes de jadis.

Martine le sait, elle qui multiplie les mots comme remparts contre les regards inquisiteurs. Ironiquement, elle écrit et écrit des milles, des millénaires de papier pour se protéger du jugement de cette ancienne professeure de littérature française. Une momie, s’il en est une.

En fait, il en est deux : Martine s’est momifiée également. À vouloir s’écarter, elle s’est perdue dans l’autre.

Les règles et les genres seront allègrement digressés, choisit-elle, sans se douter que de l’autre côté de tous ces murs de carton poreux, deux ou trois jeunes écrivains vivent la même révolte. La momie ancienne prévoit déjà, d’ailleurs, un futur littéraire des plus simples.

Pas composé, donc. Pas proche, non plus. Que des choses qui arriveront d’elles-mêmes, dans le temps comme dans le temps, tout d’un bloc. Comme le mal du matin, comme le succès incertain, comme l’averse éternelle qui se rue sur son réveil.

« Ça y est, l’avenir est là », constate-t-elle lorsque le blanc de l’écran lui heurte les yeux. La propreté, l’étincelance, les jets d’encre parfaitement encadrés qui défilent sur son écran offrent un contraste pénible, lui semble-t-il, avec les daguerréotypes des auteurs d’antan. Tous se parlent, se battent plus vite qu’elle, lui tournent le cœur vers toutes les inquiétudes possibles.

Sauf vers celles qui comptent, celles de ses mots. Celle des mots d’une génération, étalés et cousus ensemble par son propre fil.

Martine n’arrive plus à synthétiser. L’exercice la mène invariablement à repiquer par ci par là, mais à ne rien changer de la longueur du flot ininterrompu de banalités. C’est une catalogne moderne, qu’elle tisse. Une œuvre unique, certes, par sa disposition de chaque lettre et de chaque mot dans la page, mais qui n’en sera cependant pas moins indistinguable de celle de sa voisine.

Étourdie par le défil, Martine sort sur le balcon. « La cigarette m’inspirera », souffle-t-elle.

Sinon, ce sera la pluie, ou la couche de tabac sur sa langue l’empêchant de gouter, ou l’inertie plaquée au sol par les métaphores qu’elle s’explique mal.

Martine s’empoussière à chaque pouffée. « Très bien, je jaunis, je me rapproche des spectres de ces auteurs passés. Je me rapproche de la mort. »

Son rêve ultime, la parution de son œuvre posthume, lui apparait dans tout son sublime. L’apothéose d’une vie trop ramée lui apparait dans un seul moment vécu par d’autres. C’est d’ailleurs la trame de sa vie, son invécu.

De son balcon, elle a vue sur l’appartement voisin. Par la fenêtre, un écran bleu la nargue, lui rappelant que le travail n’est pas que rêve, et que de toute façon, même son rêve n’avance pas.

Elle se penche par-dessus la rampe pour faire tomber sa cendre trop loin d’elle pour que ce soit naturel, et accroche au passage son regard dans la vitre et ses reflets aveuglants.

Une main sur la balustrade, une main tenant la cigarette maintenant éteinte par le pluie, Martine scrute en avant, les yeux dans l’eau. Une page blanche, lumineuse; des mots étalés dans un flou artistique et sans doute poignant; des feuillets juste assez étendus et écornés pour qu’il soit clair que la voisine est une bonne auteure.

Et Martine, elle, ne réussit qu’à être à la hauteur du balcon, même pas à celle de sa vie. Et qu’à commencer ses phrases par de pitoyables et.

Même les volutes ne se répètent plus. Martine est enveloppée d’une aura de clarté, pour la seule fois de sa vie d’ailleurs. Pour le seul froid qui la tance.

Le blanc vide la tente. Elle tend la main toujours plus loin par-dessus bord, question de se saisir du plus de mots possible avant d’être balancée en bas. Avant d’être en suspens. Avant d’être suspendue sur un mur, comme une obsession.

Martine ravit tout ce qu’elle peut, surtout l’impression d’être inadéquate, scellée dans sa peau par la seule présence de sa voisine qui écrit, elle aussi. Qui écrit mieux, aussi.

Le ravin lui revient en tête. Le ravin. Le ravin. Elle ne peut plus taper d’autre mot du bout des doigts sur la rampe. La cigarette, tombée depuis longtemps, simule un corps mou, le sien, si seulement son œuvre posthume était prête.

L’urgence de mourir la première. Avant même les mots ?

Saisie, Martine traine sa trombe d’eau jusqu’à l’intérieur, puis s’assied misérablement devant son clavier jauni, qu’elle lave malencontreusement. Le soupir qui suit s’éternise en adjectifs et en adverbes.

Ses doigts tachés des mots de l’autre traceront des pages et des pages, des analyses d’analyses, dans une langue insipide. Elle aurait dû être partout à la fois, de toutes les conversations effilées, devant tous les écrans pour saisir le gist d’un coup de poignet habile.

Le coup de poigne d’une génération se porte bien.

Le coup de règle lui tranche les doigts. La momie, penchée sur elle, lui souffle fétidement, presque fatidiquement, des mots déjà existants.

Mais Martine résiste. Le flot est interrompu. « Les mots d’autrui ne pourront plus se frayer un chemin sur mes pages », se convainc-t-elle. « Seule la pure synthèse s’échappera de mes lèvres. »

Elle se drape des mots des autres, d’abord, dans un sursaut d’organisation. Elle se lance dans l’archéologie des gemmes des autres. Les fautes d’orthographe et autres entorses ne la gênent même pas; Martine est déterminée à recenser ce qui existe à l’extérieur d’elle-même, et à se repenser par la négative. Pour faire changement.

Ses rouleaux de papier momie lui serviront désormais à éponger tous ces dégâts, ces espaces souillés par les autres, qui l’empêchent de joindre son rêve.

Est-ce le jaune ou le blanc qui l’attire le plus, finalement?

« Je ne sais pas. Pourtant, je sais, au fond de moi, avec force et clarté. Je sais ce que je veux. Mais je me balance; et ça aussi, je sais que je le veux. »

Martine est obnubilée par sa tâche de double destruction : elle tape et efface de plus en plus rapidement, elle efface à la fois les mots qu’elle essuie et les mots imprimés sur son torchon. Elle se persuade qu’elle crée – un véritable mess.

La chute approche. Les lambeaux de papier mouillé étincèlent contre l’ordinateur. Une fois les vies des autres absorbées, volatilisées, Martine pourra vivre. Ou plutôt, survivre après l’extinction.

Martine grelotte. Sa chair se soulève, ses dents écrasent les mots qu’il lui manque. « J’ai froid; je ne sais plus comment le dire », semble-t-elle murmurer.

Se couvrir de papier détrempé ne sert à rien. Sortir sur le balcon, encore moins. Il faut pourtant qu’elle fasse quelque chose : ses mains tremblantes n’arrivent ni à enfoncer des mots dans l’écran glacé, ni à les supprimer de l’espace. Elle ne peut que fleurer sa fin.

Et elle perd, et elle longe sa dignité d’auteure qu’elle ne sera pas. Elle pose pour sa postérité, tournant son visage squelettique vers le mur terni.

Sur le mur, la photo de Martine retournée. Dans le dos de Martine, un mot pas même griffonné. À la place, il demeure posé sur les lèvres, comme une réticence : « Et… ? »

—–

Lire les nouvelles d’autres auteurs sur leur blogue :

À vue d’oeil (Daniel Grenier)
La fin des glaçons (M.)

Elle avait envie de retrouver, au fond d’elle-même, cette intuition qu’elle avait bourrée de soucis futiles et de vaines litanies. Elle tentait d’écrire pour poser les mots quelque part, pour faire passer son stress le long de son bras jusque sur quelque chose qui ne lui appartenait pas – du moins, au départ.

Elle ne cherchait pas à se remplir mais à se vider, à dégoutter – la plénitude ce n’était pas pour elle, la plénitude c’était un subterfuge pour les imbus.

Elle n’aimait pas la buée.

Elle voulait que ne subsiste que ce lien à la fois ténu et fort qui existait entre les gens, qui les tenait ensemble à la surface. Elle voulait que son regard soit nappé de blanc comme la ville qui gisait devant elle – une série de réflexions sur la neige – car « vivre en ville est un hiver permanent », disait Claude Chambard. Tant mieux; elle aimait l’hiver.

Elle sentait les moments forts venir, lorsqu’elle se maintenait juste à la frontière de l’aveuglement. L’urgence de dire « Je t’aime » à sa façon l’avait presque étranglée, parfois. L’urgence de dire « Je ne t’aime plus », d’autres fois.

Elle veut ne rien regretter. En fait, elle ne veut pas ne pas; elle veut. Elle veut tout embrasser – surtout les gens. Les vapeurs noires qu’elle laisse s’échapper chaque jour en elle ne lui disent plus rien – que des conneries.

Les vapeurs font fondre la neige, montent en murs de buée. Murs qu’elle nappera de blanc dans sa folie glacée.

Avec un titre pompeux comme celui-ci, vous vous doutez bien que je partirai sur une dérape lourde, voire spirituelle.

Détrompez-vous : je ne parlerai ici que de pommes. Pas de pépins, mais de chair juteuse à souhait, de visages souriant sur sur des photos, de répétitions voulues des automnes. Du constant retour de l’inconscience et du réveil. Du temps qui nous fracasse de pluie puis de soleil, de mitaines de laine puis de sourires maison, d’yeux collés dans toute la noirceur puis de rires décollant dans toutes les langues.

Parfois, le temps va à l’envers, cependant. Mais il revient toujours.

Le craquant de la pomme itou. En tout cas, à en croire le poids du sac sur mes épaules, il reviendra assez longtemps. Juste assez doucement pour moi, juste assez surement pour toi.

Un jour, dans un champ, j’ai laissé chanter l’automne à travers les gens. Aucune réflexion, que du reflet : tout le monde brillait par sa présence, formant une mosaïque d’éclaircies et d’éclats de fruits. Pas de mélancolie mal placée; les bêtes ne me l’auraient pas permis.

Qui aurait cru que tant de partages, de dégustations, de grignotage puissent m’alléger au lieu de m’enfoncer? Pas moi. Je n’avais vu que le premier degré des ficelles qui tirent les branches vers le bas, et non les pommes qui en tombent en mannes. Sur nos têtes trop lourdes, même. Une correction flagrante. Une chute pour ce texte.

Nous aurons même eu des prunes, et des bonnes poires, au cours de cette journée. L’automne m’a rappelé ses bienfaits, qui se déclinent certes en de nombreuses saveurs, mais qui me soufflent par-dessus tout au visage la certitude qu’il y en aura d’autres.

Et, au fond de l’air, je trouve un quelque chose du Japon de l’automne dernier, du Japon du départ et des désillusions. Mais surtout, je me plais à y sentir la vaste impression du Montréal du retour, et des pommes qu’on y croque sans gêne.

Before we were even able to pronounce the three consonants in « next », we could, and would, say « neck ».

We were kids playing hard games, me-first-and-I-am-gonna-be-the-doctor-not-you games. The kind of games where one could be head and tail altogether, but never any lower than the top.

We were playing each in our own head, apparently sharing a part of our world but sharing it with whom I have no idea because no-one was really listening. Sharing apart, we were.

On one of those fog-clear days, I wipe myself off the world and think, « Aren’t we all kids building up our own stories and floors out of blocks? Aren’t we just blocking ourselves from the « nexts »: The person next to us, the next person who comes, the next opportunities that come in the shape of pains in the neck? »

Oftentimes I feel I am building my own next steps. I have been locking myself away, sleeping in my blog, living just what my head told me to.

We’ve been wrapped in our games, as presents to the next ones. Our own worlds pile up under trees, and no matter how far their contents is spread, they remain secrets.

Short is the path between a consonant and none. Short is the pat between two consonants.

As short as a lifetime, maybe.

Ambiance tropicale, thé glacé et petites bombes sucrées : voilà mon Pâques. Non, je ne suis pas étendue dans le sable chaud; je suis en nage sous une tente couvre-lit, le cerveau mouvant, la gorge comme un champ de cristaux de sucre.

Même si ma pensée part en balade, j’ai envie d’écrire. Écrire pour ne plus rien faire, écrire pour être. Puisque même clouée sur mon sommier, je me trémousse, je n’accepte pas.

J’ai lu aujourd’hui un article intelligent de Miss Mary Max (en anglais) avançant que « être » n’excluait pas nécessairement « faire », et que se définir par ce qu’on fait ne fait pas de soi un être incomplet, une poule sans tête, sans profondeur. Bien sûr, lorsque je me définis principalement par ce que je fais (ou réussis/ne réussis pas), je me sens la tête et les jambes dans une tournade, et j’ai l’impression d’être partout sauf avec moi, chez moi.

Mais être, tout simplement, sans distraction, ça reste difficile. Être malade, c’est la quintessence de l’essence sans distraction : que faire quand le lit tangue et ne laisse d’autre choix que la position en croix?

Ne reste qu’à rouler sa pierre jusqu’à la pharmacie. Ou à faire ce qui nous fait être. Et pour moi, c’est écrire. Écrire pour mettre de l’ordre ou du désordre dans mes pensées. Écrire pour me dire, pour vous dire.

Voilà pourquoi, après une théière et quelques cocos, je parviens à me redresser et à vous suer ces quelques mots sur mon clavier. J’ai envie de continuer à les tordre dans les prochains jours et mois, et de rouler comme un oeuf vers d’autres publications!

Joyeuses Pâques quelles qu’elles soient!