Archives de la catégorie Sur prose / Breaking Prose

On est allées faire un rallye dans le quartier chinois we rallied to Chinatown
that was a Scavenger hunt with no treasure

No treasure except for the tapioca pearls
it read pearls
you read peerls
you laughed at my
Rs

On est allées voir les gens se purifier dans Chinatown we saw purist people
there was a pure basement with no chest

No chest except for our moving hearts
hands rested
les mains restaient
immobiles dans les
airs

On est allées faire les allées and the aisles we sorted through allies
that read goddesses or godnesses

Il ne nous manquait que quelques lettres
quelques mots
pour tinter dans le vent
doucement comme des
ailes

***
Photo modifiée avec Instagram

Pour un moment l’heure n’a plus d’importance. Pour un moment les voix âcres, les récris, les redites sur fond d’images se sont tus.

Le temps est mort. Ou plutôt, le temps est comateux.

Une phrase me frappe et je tremble, elle me trempe – que c’est étrange – dans les souvenirs d’une autre :

« [I]l n’est pas nécessaire de trouver écho en quiconque pour exister » (Cheval-Marcel)

Je me sens étouffée par cette grandeur. Il ne me reste qu’un filet d’air qui ne repassera pas si je ne m’en saisis pas sur-le-champ. Vite, j’étouffe. Mon individualité.

Il y a dans cette salle des chérubins de plâtre, certains tachetés ou écaillés, et des fleurs, gorgées de rosée ou décrépites, la tête en bas. J’y vois autant de tombes, autant de personnes vivantes, autant d’étapes dans une vie que de finis glacés de la douleur mate. 13. Un nombre qui ne me dit pourtant rien de plus que l’année à venir.

Peut-on jamais revivre le voyage d’une autre? L’entendre puis le lire, le relire, jusqu’à le ressentir? Peut-on s’approprier une expérience autre, de la même façon qu’on en oublie certaines des nôtres en d’autres? Au-delà des circonstances, les récits ne sont-ils pas – partiellement, du moins – interchangeables?

J’ai la vaste impression que notre écho se réverbère toujours quelque part – qu’il s’évertue parfois à se taire longuement pour mieux rebondir. Qu’il ne nous renvoie plus notre voix exacte. Qu’il passe par les beautés du monde – fanées ou non – pour nous revenir par un autre chemin.

Parfois, par quiconque.

Parfois, par une amie chère et son art qui frappe droit dans mille coeurs.

***
Allez voir, d’ici demain, l’expo à laquelle participe Cheval-Marcel.
Allez voir son site.

In the subways I
I learnt to thrive
and you told me we’d never survive
grab your town’s handles we’re leaving

(we’re living
in a song
we’re living
in an arcade that’s out loud
that’s in there down there)

We’re moving past
we’re already passed

(there’s no such thing as staying
open
doors close anywhere around you
beware
of tripping fingers)

And all of the walls they built in the sixties never fall
and all of the art they built in the sixties never fall

(we fall on them
stick to them as flies attracted
primarily by colours)

Sometimes I can’t believe it

(and I don’t)

I’m moving into the night

(and as we fade we become
the same exact hue as
every other passenger)

BONUS TRACK (from 57,5 [ajku])
Ciel couleur métro
mes pas me mènent encore là
où je ne vais pas

*This poem was inspired by today’s dVerse Poets Pub and their inspiring prompt: Subway. As I am fond of my own town’s metro -Montréal- I wanted to share these poems and pictures (modified with Instagram) that represent it well. Please put some Arcade Fire and move to their sounds… as you wonder if you should fall asleep with the rumble or wake up with bright colours. And don’t forget to read other poets’ poems as well!*

(This poem integrates a few modified quotes from the song The Suburbs, by Arcade Fire.)

Ex -iste
Base ta vie sur tout ce qu’elle a déjà été
tout ce qu’elle t’a promis en te nouant un ruban
au ventre
Devient partisan de ta reconstruction
et de ce que le temps t’a coulé comme carapace
autour

Pers -iste
Reçoit les ordres qui se peuvent
ceux qui te démontent les morceaux lourds de fonte
au fond
Perce tes yeux du rayon le plus blanc
jusqu’à t’en bruler les cônes de ton chemin
autant

être
exister

Passé -iste
Rétrograde jusqu’au centre mou puis clanche
fonds-toi comme une crotte de nez au mur
au palais
Passe outre tes règles de salubrité
celles qui t’enveloppent de ruban plastique
Achtung

sois
existe

Here is a post inspired by Tracey Grumbach‘s picture below, for tonight’s dVerse Poets Pub. Enjoy, and have a good Saturday evening.

On this tweaky hour
although we had hands pointing at
various skies we
couldn’t find the middle of
things.

Away for twelve hours
already we had killed two birds with
various stones we
couldn’t help leaving one in lieu of
goosebumps.

We avoided rush hour
all the way we rushed to get where
various angles were softened
we found skies of dots and lines
birds.

Oh all that’s ours
always leaves fleeting out
various trajectories we
can’t help seeing circles
ends.

Voici le texte prononcé au micro libre hier soir (25 mars 2012) à la soirée Last Chance Slam & Open Mic feat. Sophie Jeukens , présentée par Throw! Poetry Collective au Divan Orange. I was really thrilled (and also scared, I confess) to perform it on stage. It was an experience I’ll definitely try to repeat!

Bubble

C’est rien qu’une p’tite bulle innocente
que tu t’es gonflée
un bloc
qu’est devenue à force de souffler
fort
jusqu’à t’en vider les tripes
until you tripped on… but that’s not to be told yet.

You built yourself a cage out of gum
out of your gums
fell your teeth
une tite fille que tu voulais rester
une tite fille qui a pas besoin d’mordre
une tite chique qui a jus’ un gout d’mort
mais t’es jus’ devenue
une chique qui a pus d’jus.

Tu te pensais invincible
mais tu t’es
tue
et… t’as perdu la voix qui t’distinguait
des échos
you lost your voice that set you apart from
the echoes
t’as perdu la voix qui te distinguait des
échos
echoes
and you became just another pink spot
pis t’es devenue qu’un autre spot rose
une adolescence de plus
de perdue.

10 livres de perdues
rien d’autre de r’trouvé qu’une balloune de tête enflée
qui se cache en dessous d’la mer
de monde
« please don’t see me » you say from your deepest
but your hunger is diggin’ its way out
you’re appearant
t’est épeurante.

Mais
c’tait rien qu’une p’tite bulle innocente
que tu t’étais gonflée
rien qu’une cachette
dans une napkin s’es genoux
c’tait pas un bloc opératoire
au départ.

20 livres de perdues
rien d’autre de r’trouvé qu’une pognée d’ch’veux sur l’oreiller
where has your hair gone?
where has your air gone?
t’as l’air de rien.

Ta balloune a crevé, ma belle
j’sais pas si c’tait l’soluté
ou une coupe de doigts tendus où tu t’es agrippée
you tripped on those feet but you got up
somehow
your trip was over
for now
un nouveau trip pourrait p’têt commencer
un jour
le jour où t’es devenue un autre spot rose
une adolescente en plus
y a rien de perdu.

10 ans de perdus?
tu vas en r’trouver
t’es déjà en train d’infuser
drip by drip
grip by grip

and your voice could finally build up
when you stopped chewing gum
for a living.

The following poem was prompted by James Rainsford‘s picture, Reflections. It is part of dVerse Poets Pub. Enjoy, and please don’t hesitate to visit James’s website and the other poets present at the pub.

by James Rainsford

Reflections again

This time I didn’t see my reflection
lost in thoughts
as I was
tracing back V-shaped steps
-victory or loss-
pacing back grieving laps
-will or sallow-
I was inclined to weep.

That time I didn’t see my reflection either
in fact
lost in time
as I was
gazing back at juts of mist
-water or misery-
racing back at an impression
-your eyes not mine-
I found you and lost me.

Two reflections that I didn’t see
Two straight poles that I couldn’t stand
between
half-fallen as I was
already half-part of the
pondering world.

Les derniers évènements m’ont tenue occupée loin de mes mots, mais ceux-ci reviendront en force très bientôt dans deux évènements d’écriture/lecture.

Tout d’abord à Montréal, le dimanche 25 mars, je me pointerai à mon premier micro libre lors de la soirée de slam bilingue du collectif Throw! Poetry avec Sophie Jeukens, au Divan Orange. Je travaille sur un texte bilingue sur les troubles alimentaires (mon clin d’oeil aux 25 ans de l’ANEB). La soirée commence à 20 h; soyez-y!

Ensuite à Québec, le vendredi 30 mars, j’écrirai en direct au Cabinet des idées reçues du Crachoir de Flaubert, de 21 h 30 à 22 h 30, puis participerai à la lecture publique subséquente (jusqu’à 23 h). Beaucoup d’auteurs seront présents : Marie-Charlotte Aubin, Marrie E. Bathory, David Bélanger, Marc Laliberté, Marianne Saint-Onge, Mathieu Simoneau… Venez imposer vos contraintes aux participants. L’activité commence également à 20 h.

Ouf… Je vous promets donc le texte du micro libre bientôt. Mais d’ici là, je vous donne un petit haïku de circonstance :

Dans mon carré beige
Entre une certaine lumière mais
Le rouge est filtré

(Vous l’aurez peut-être compris : je suis prise au travail, loin de la manifestation, à laquelle je ne peux malheureusement pas participer.)

PSssss Voici le texte récité à la soirée slam : Bubble
Et le texte rédigé sous contraintes : La grande cage

Quelle moyenne aria se joue là
Des mots qui se placent en ordre seuls
Peignent la dure journée que voilà
Traits et rides que la vieillesse esseule

Rimes molles comme la peau qui plie
Schwas qui se lovent inaccentués
Dans les résonances entre l’ampli
Et mes alternances habituées

Ma paix est un produit du mouvement
Dans lequel chaque forme d’art m’entraine
Le poème n’est dans son élément
Que lorsque sons et lumières s’égrènent

Tout autour de lui dans un grand encore
Toute source valse dans le décor

With a different year in mind goes Darren Hayes’s song, a year I wasn’t even born. But in 1999, I was, and let me dive back into this year, the one that followed the year the best music was released (according to me). Let me recall the musical times I had back then.

(This poem was prompted by dVerse Poets Pub – thanks to Shawna.)

Stained with bubble gum landscapes
tying friends together like dolphins on a chain
we carried on dancing like we had nothing else but
the same music over and under and in

side by side
hand on hand
studying hyperballad phonetics
under our newly coffee-stained breath

stained
was our word full of promises
I could never blow balloons but I tried hard I swear
I sweat
at the thought of pink sticky matter exploding on me

and keeping me from understanding
Koi
Eifersucht
Karma
from holding back the years
yet

« What kind of monster would I be able to release? »
I rushed as music found a circular space
in our already hardened mind.