This has been a mascara-thick day
I covered my face with a domino
only half fulfilled
yet my lips in bloom

All day long I have been trying
to protect myself from your echo
eardrums half pierced
by midnight sounds high

Waiting in a wagon as sweet
as a ride in the dark with neon
stars plastered around
and lips singing tight

I have to conceal everything
but I do burst sometimes, and I did
leave murmurs, heart
broken laughters in air

Had I a cigarette I would gaze
at its lit butt till my holes for eyes
are damaged again
yet there’s the moon

And now she’s making up for lightness
with a shower of Perseid lights
perfidious heartstabbers
rotten leftovers

With my acid smile and moon-drenched
blackholes I look at changing cities
and the midnight rain
fades both our colours.

*** This poem has been written with M83’s Midnight City in my earplugs – memories of rain and light – full moon still impeding my… normality? – full moon still working shifts on me. I hope you see a star fall. If not, at least you have many beautifully sad poems to read, here at dVerse Poets Pub. Oh, and by the way, the pic was modified with Instagram, again. ***

Les mêmes bleus m’assaillent qu’à Hiroshima. L’orage darde ma fenêtre de rayons, boules de feu surgies jusque dans ma gorge. Il est plus facile de courir sous la pluie que de pleurer toutes les larmes de son corps, m’a-t-on dit; je suis d’accord mais figée dans la peur de l’éclair.

La peur de l’éclair de génie. La peur du commencement.

La bombe aujourd’hui, il y a 77 années-lumières. La bombe et ses milliers de fins et de commencements. (Si on peut parler de commencements dans ce cas, alors la peur est valable : la peur du renouveau hors des limites de la conscience – et de la confiance – humaine.)

Pourquoi ce soir, la sortie est-elle devenue si dure, si intransigeante? Pourquoi la pluie laisse-t-elle tomber des couteaux sur les pauvres coeurs des passants? Pourquoi les seules photos possibles sont-elles bleues, grises, noires?

J’ai à nouveau le coeur gros comme une Biosphère, et les fuites faciles. Mais quand l’histoire me rentre dedans en un coup de tonnerre, il n’y a pas de fuite possible; que des sentiments.

She had a purported sense of loneliness back then
back there,
a purposely avoidant stare
of the clearly ambiguous type.
As words were raging and raving
around her like unleashed katanas
or revolving doors,
she raced to hide into tapioca pearls
– the one time she had found some, debutante’s luck –
or apples as big as her face,
hesitant.

Buying food out of a 500 yen coin
biking it off,
soon biking from one konbini to another
without buying anything
’cause nothing was worth more than emptiness,
the sword-carved and stud-crafted sort.

She only had words and shame coming out,
an acid string she would fill her room with
in small bundles of well-known acrimony

Of the rigid type, she was
most unlike me this poem this story
telling with many directions and blunders
how she came to be me.

Okāsan had a pure sense of connection – she still has
even though she’s not okāsan anymore –
with her purple art stare-making
up the clearly extrovert type.
(I bet she, the one that’s I, became a little like her, the one that’s she
over time spent
and money in konbinis
over food that we did eat.
But I am skipping steps now,
avoiding the core
that’s essential
as usual.)

CORE (to be sung over and over, as there is no other verse to come):

As she made me list all the times in my life
I had been saved by luck or whatever
I wanted (it) to be,
she set a dim fire in my heart,
the one that tastes like matcha
gently rocking.
Then as if not enough she put out
my burning hand with hers,
and I can still feel raging and raving katanas,
a hurl of untouched coins,
my metallic bubble of fear shaken up
for not having been touched in eight months
(inside or outside).

*This poem, her/my story in Ōsaka, was written for dVerse Poets Pub, and will most probably be published in my upcoming ebook, Borders.

Here is from my upcoming poetry (e)book in English, Borders. Stay tuned for more!

« I am not going to list buckets, since I am not planning on dying soon », lança-t-elle mi-fake mi-raison.

La syntaxe n’était pour elle qu’un artifice, et ses expressions idiomatiques devenaient idiosyncratiques… ou tout simplement idiotes. Elle aimait à aligner les mots de cette façon particulière qu’elle avait, à aligner les voyelles en les entrechoquant de coups de glotte aussi.

Elle n’était pas polyglotte : elle était polyvalente, voilà tout. Ou du moins le paraissait-elle; mais lorsqu’on scrutait son registre au cornet, qu’on plantait celui-ci bien creux dans ce foisonnement métallique qu’est l’oreille, on percevait un masque de cire, une étendue sirupeuse bouchant tous les trous. Et des trous, il y en avait : incapable de traduire quoi que ce soit d’une langue à l’autre, ni d’une oreille à l’autre d’ailleurs, elle avait créé deux partitions superposées où toujours un seul des instruments jouait.

En fait, toujours jouait l’instrument qui lui tombait dans les bras en premier, que ce soit le tuba des profondeurs de l’amour newyorkais ou la flute des politesses japonaises sans conséquence.

« I’m not stepping in and out of voice, I’m not stepping in and out of love. Voice and love are the ones stepping out of me. And only out. »

Elle laissait tomber ainsi, de temps en temps, une perle de sagesse dans le grand seau refroidissant le vin. Parfois, on aurait dit une dent cariée; d’autres fois, il s’agissait plutôt de son oeil brillant et brulant de larmes.

« When will I stop losing my body? », gémit-elle. « Everytime I let my own words out, it feels like I set free a part of me, and it never comes back. Soon I’ll have departed – »

Tôt ou tard les trous vinrent à apparaitre. Elle parlait mais s’arrêtait constamment, laissant toujours exactement l’espace nécessaire pour le mot qu’elle voulait prononcer mais ne trouvait pas. Ses paroles s’égrenaient sur la serviette posée sur ses genoux, roulaient puis tombaient une à une sous sa chaise, dans un fracas métallique. Bientôt la cadence de la perte augmenta, changeant le fracas en rythmes percussifs entrainants.

S’effaçant, elle avait trouvé sa nouvelle voix.

Et cela, grâce à celui qui l’avait entendue mais pas écoutée, et qui avait placé le grand seau sous sa chaise.

Here is a collaborative reading of Schiller’s Song of the Bell (English version) organized by dVerse Poets Pub on their 1st anniversary. My weird voice is there (between and 12:19 and 12:50)!

Here is the link to the FB video (you can also click on the above link to dVerse Poets’ page, for there’s a link to the Soundcloud version on it).

Hopefully I’ll be doing more of these… live, not only on a voice recorder. Because poets are meant to share, and that’s something dVerse Poets Pub understood… I mean understands, since there is still plenty of sharing of great work to come!

« If you are lucky enough to have lived in Paris as a young man, then wherever you go for the rest of your life, it stays with you, for Paris is a moveable feast. »

– Ernest Hemingway, A Moveable Feast (1964)

Its feet disgrounded from the soil
here is the herd coming down
frenzily rushing to
the daily needs of perfection

– here is a countless soul stuck in
the celebration of
voluntary unescaping.

Its pace unfaithful to its hearts
here is the mass looking forward
never again, just
enough to meet full emptiness

– here is a restless look let out
the city of cities
voluntarily seeking

its peace dismantled from its soul.
Here is another gaze it gives
to pink clouds above
towering – all cities the same

light. Here is a portion of Paris
a floating heart
voluntarily finding.

Peace.

* Here is to my Parisian friends and nostalgia. Bon 14 juillet! Ce poème pourra être traduit plus tard; il a été écrit en anglais pour le dVerse Poets Pub. Certains me diront que Paris n’est pas la France, je leur répondrai que Paris, c’est Paris. Même de New York City. *

Il y a de cela un mois déjà, je m’embarquais dans la folle aventure du 20-Day ArtGift Challenge du fantastique AndHeDrew juste pour voir. Je devais donner une oeuvre d’art par jour, de préférence à un inconnu. Bon, j’ai plus ou moins respecté cette seconde partie, finissant par en donner la moitié à des amis slache connaissances.

Mais j’ai quand même pilé sur ma fierté de fille qui veut être lue mais pas dans sa face, et j’ai donné, de même, des haïkus souvent inspirés par la personne elle-même et ce que mon fouinage m’avait permis d’obtenir : titre du livre lu, sujet de la conversation au cellulaire, etc.

Ça a marché en maudine. Les gens étaient contents. J’ai eu des superbes conversations. Pis en plus, un poème (assez) bien écrit sur une fiche cartonnée, ça fait un maudit beau signet.

Je suis rendue accro (quoique toujours aussi gênée au moment du don), de sorte que j’ai décidé de continuer sur ma chire – et même d’en virer une plus solide encore. @Josianes m’a demandé un poème pour mettre sur son chien, et évidemment, j’ai immédiatement accepté. Je pense qu’y a pas que les humains qui méritent de s’orner de beauté (lire : je n’approuve la mode pour animaux que lorsque c’est BEAU).

Résultat : j’ai lancé, il y a de cela 15 jours, la série #poemsforpets (vous l’aurez peut-être vu passer sur Twitter, FB ou Instagram). Après avoir vu une photo de l’animal et eu quelques infos sur lui (son âge, son nom bien sûr, son caractère), j’écris un haïku (en français or in English) pour lui et son maitre. Pis je vous l’envoie par la poste en plus… tout cela au même prix que l’affection de votre pitou-minou-chou, c’est-à-dire rien. Ben, rien pour la seule place qui reste. Après, ça va changer.

Voici quelques exemples (rendus plus beaux grâce à Instagram) :

Pour le Winston à @Josianes

For @alimisses’s Igor

Pour Grégory Charles et Marlon à @annakarenine

Écrivez-moi un commentaire ici ou sur Twitter (@meme_aimee) si vous en voulez un.

In these five hundred days she
has learnt how to button up
and down, down, down.
One circle at a time, slowly,
painfully, she would get rid of
words that she thought defined her
self, on, and on, and on.

Sometimes the thread was off the hole.
Sometimes the plastic marked under her nail
like a bite at some body part
she had forgotten she had.
Sometimes one edge was off the other
like envy had swallowed up
eyes she had forgotten she had.

She kept stripping anyway
layers of clothes, on the floor
her feet felt no more sure than they were.

She kept ripping anyway
layers of skin, under her nails
what was once bitten was no more – oblivion.

What was she flashing about?
What was she fleshing about?

Sometimes the breast was off the shirt.
Sometimes the strap marked down to her collar
bone bitten by her own body
she had forgotten she had.
Sometimes one sex was off the other
like lust that had followed up
but – she had forgotten she’d had

those five hundred days.
She had learnt how to live up to
expectations and down, down.
One cycle at a time, painkillingly,
heartbreakingly, she had gotten to the rim of
words that would always define herself
and them, hem, hem.

*** Poem written for dVerse Poets Pub. You might have got that the prompt was ‘buttons’… That was my version of it, together with a -sadly expressed- celebration of my 100th post on Hiroshimem. Please don’t be mistaken, I’m actually quite happy that I was able to write so many posts. Thanks to everyone who read and slash or commented. Feedback is always appreciated. ***

Non, je ne vous parlerai pas d’horreur. Il sera plutôt question de jouissance, ou de ce qui en est le plus près – si cela ne la dépasse pas. Il sera question de mots comme de mouvements, de locations comme de dislocations.

Je laisserai ici
trace de mes pas
piétinant l’ordinaire

Il n’y a pas d’avancée; il n’y a qu’une impression de surplace, mystifiée par les grands cercles que les bras décrivent comme étant la panacée. Ici, la linéarité n’est pas la seule façon de se déplacer dans l’air : les couches de sens vibrent, l’une – avec – par-dessus – l’autre. Regardez, ce texte ne peut le rendre. Ce texte avance en même temps que la piste, mais peine à la suivre. Car la piste est à la fois creuse et superficielle.

Je parle de démembrements comme je parle de remembrements. Je parle de dépression comme je parle de pression.

Le coeur peut-il être guéri
une fois pour tous ses battements
par l’extraordinaire?

Je parle d’extraordinaire comme je parle d’ordinaire.
Je parle des sons comme je parle des sondes déployées au fond de l’être, puis retirées avec tout ce qu’il y a de meilleur accroché dessus. Je parle de meilleur, mais je ne parle pas de morale. Je parle d’art comme je parle de raté.

Je ne parle plus. Je danse, ou appelez ça comme vous voulez. Je suis le beat, je suis, le beat.

Après le coeur qui bat
y a-t-il un coeur qui a
perdu envie de frapper?

La caféine, elle, frappe. Elle possède le double avantage de faire connaitre la fébrilité (which is a state of art, ai-je déjà statué) et de plonger les papilles dans l’extraordinaire. Ajoutez-y un soubresaut de basse et le corps vibre entier. Le coeur n’est plus qu’un prétexte.

La danse : vient-elle du coeur de nous? Vient-elle de l’extérieur? Vient-elle? Est-elle nous? Est-elle l’extérieur?

Il n’y a pas de danse; peut-être n’y a-t-il que musique et réponse.

La musique comme question
voir les yeux des gens
des points dans l’espace.

* Délire écrit sur fond de The Gulf Stream. Si le coeur vous dit ok, cliquez sur le lien et faites jouer en relisant. Ça se peut que ça donne rien de plus au texte, mais au moins vous aurez découvert un son pas mal du tout.