Archives de la catégorie Pouèmes

The following poem was prompted by James Rainsford‘s picture, Reflections. It is part of dVerse Poets Pub. Enjoy, and please don’t hesitate to visit James’s website and the other poets present at the pub.

by James Rainsford

Reflections again

This time I didn’t see my reflection
lost in thoughts
as I was
tracing back V-shaped steps
-victory or loss-
pacing back grieving laps
-will or sallow-
I was inclined to weep.

That time I didn’t see my reflection either
in fact
lost in time
as I was
gazing back at juts of mist
-water or misery-
racing back at an impression
-your eyes not mine-
I found you and lost me.

Two reflections that I didn’t see
Two straight poles that I couldn’t stand
between
half-fallen as I was
already half-part of the
pondering world.

Quelle moyenne aria se joue là
Des mots qui se placent en ordre seuls
Peignent la dure journée que voilà
Traits et rides que la vieillesse esseule

Rimes molles comme la peau qui plie
Schwas qui se lovent inaccentués
Dans les résonances entre l’ampli
Et mes alternances habituées

Ma paix est un produit du mouvement
Dans lequel chaque forme d’art m’entraine
Le poème n’est dans son élément
Que lorsque sons et lumières s’égrènent

Tout autour de lui dans un grand encore
Toute source valse dans le décor

With a different year in mind goes Darren Hayes’s song, a year I wasn’t even born. But in 1999, I was, and let me dive back into this year, the one that followed the year the best music was released (according to me). Let me recall the musical times I had back then.

(This poem was prompted by dVerse Poets Pub – thanks to Shawna.)

Stained with bubble gum landscapes
tying friends together like dolphins on a chain
we carried on dancing like we had nothing else but
the same music over and under and in

side by side
hand on hand
studying hyperballad phonetics
under our newly coffee-stained breath

stained
was our word full of promises
I could never blow balloons but I tried hard I swear
I sweat
at the thought of pink sticky matter exploding on me

and keeping me from understanding
Koi
Eifersucht
Karma
from holding back the years
yet

« What kind of monster would I be able to release? »
I rushed as music found a circular space
in our already hardened mind.

Aujourd’hui a eu lieu la lecture de poésie de Yolande Villemaire, Claude Beausoleil et moi-même dans un espace qui m’est cher, soit l’école CLC.

La lecture venait dans le cadre d’un vernissage qui réunissait plusieurs artistes de la région de Montréal et dont le thème était l’amitié (I saw my reflection come right off your face).

Reculant devant les oeuvres afin de mieux en apprécier les couleurs, nous avons relevé le défi de nous inspirer d’une d’elles pour l’intégrer à nos lectures. Le tableau suivant de Chantal Khoury (son site Gallerish ici) m’a enlevé les mots de la tête et me les a fait poser sur un papier (ou plutôt, un écran). Voici l’oeuvre en question et le poème qui ne l’est pas moins :

I saw my colours come right off your face
And I didn’t know what to do but
Leave
them on you
Leave
purple stains in my vision field

I saw them peel off
stains
and all was left was a purple crow
all was
left

I saw your colours come out
right
and you were left wearing nothing
but
friendship is a clear thing,
isn’t it?
You were transparent
I was left
stared at

There I was
transparent
too
transparent

Bursting as birches do
I am left on my own
Moss
Out of town
Most of my life has just passed away in a bonfire

Blurrying as blushes do
I am staying here in the mess of woods
I’ll build myself a house out of
Myself
A sky so blown
As a rooftop under which I’ll carry on
Picture after picture

I guess I’ll just pour myself some tea
Under leaves and heaps
Over lush
Let me disappear in between
Branches
Let me connect until I liquefy into mud

Dust
Spread on a bark with a brush

Ash
Blent in with moist



(Reena’s whole article here)

This poem has been prompted by Reena Walkling’s picture – thanks to dVerse Poets Pub and their prompt of today.

Ceci est un poème qui n’en sera pas un qui aura un titre qui n’en sera pas un

Ainsi le thé coule le long des parois puis des mêmes parois
de la tasse
ainsi va
le train des gens qui ne vont nulle part mais ne font que
revenir
le train de ceux qui ont des titres mais qui n’en sont pas

Je suis assise à la gare celle où je connais tout le monde
qui va
ça va
et je regarde les épaules se tendre les lèvres se crisper
j’entends les pas aller venir s’égrener
le long des courbes des croupes dessinées

Le thé fait naitre chez les uns ce qu’il soulage chez les autres

Des fardeaux s’écoulent que d’autres repêchent
une ligne lancée au fond de la théière
une ligne
puis deux
j’avais commencé à tracer des pensées noires pour les autres
blanches

Et la nuit tombe déjà m’enfermant dans le carcan des respirs
celui où rien ne se passe
qui n’arrivera pas

J’étire le liquide jusqu’à ne plus m’entendre penser
la douleur
je remballe mes nerfs avant de partir les effondrer
dans une poubelle
stoïque
statique

L’électricité me meut dans la coulisse jusqu’à la tasse
jusqu’à la prochaine
gare

Ceci est un voyage qui n’en aura pas été un

Pleine vide pleine vide pleine vide pleine vide
Plain.
Neutre.
Rien à signaler sinon la vie
Le vide
Qui bat son plein.
(Le jeu de mot était involontaire
C’est dire si ma vie est un jeu.)

Pleine vide de contraires qui n’en sont pas
Le vide n’est pas un vrai vide qui n’attire pas
L’air n’attire rien
Que le vent
Qui me donne des coups dans le ventre
Plein
Vidange
Si seulement

Faire le plein – to replenish – s’aplanir
Était à option.

J’essuie les traces de
Ce revers que je ne suis
Pas allée au fond

(Pour voir le début de ce marathon poétique : Écrits éparses et parsemés. Le poème d’aujourd’hui inclut le dernier mot du poème de Lubidineuse, « suis ».)

Et hop! Catché le relais de lubidineuse, et caché le mot final de son pouème Tempête dans le pouème qui suit.

(Vous assistez actuellement au défi à relais institué par lubidineuse. Ce relais part dans tous les sens, donc si vous avez envie de partir avec mon ou son dernier mot vous aussi et d’en faire un pouème éclair, courez-y, et auto-promeuvez vous ici.)

Si la vie dégoutte
Un thé et je ne redoute
Que mes doutes si tendres

Sur cette page, l’archivage de pouèmes publiés sur Twitter. Parce que je ne peux pas me permettre de les laisser couler entre mes mains… et que je veux leur assurer une pérennité selon mes propres paramètres. Tout n’y est pas, mais ça viendra.

La poésie me / quitte…

Appel de mon lit / une porte close et le chat / se rappelle de moi

Racing for a tea / racing for more free time as / fast as kitten goes

Learning or teaching / standing or sitting, thinking / forgetting students

European time / wine and unsettling dreams / handing out my heart

Le cou tourné et / l’inattention me décoche / des vacances toutes neuves

Legs under cover / some freshness still to be found / at the knee’s corners

En sandales de douche / et en maillot de vitesse / l’ours polaire se mouille

Votre visage laisse / toutes ces voix parler plus fort / de nos maladies

Tweeter encore et / toujours la même maudite pub / voyez-moi please do

Off to write out of / my teapot on a table / of prepositions

Mes yeux ferment tout seuls / la lampe qui attire la mouche / qui attire le chat

Burning clouds topping / the most pressurable day / but freshness to come

Fat morning / spreading on me for hours / dreams of milky straits

Paranoïa / au moins tu me prends / pas que pour moi

A glass of pale ale / and life’s bitterness / is all flushed away

Du vent au ventre / il n’y a qu’un pas / qu’un re

L’amour gonflé comme un sac / de ligaments entrecroisés / et perdus dans la distance qui les baigne

L’inspiration me rattrape au son / des sirènes de Saint-Henri / qui mordent leur queue / et étalent leur pauvreté

Jusqu’à ma bulle d’autres villes / le vent me pousse l’odeur / le sable / doux grésillement sur mes lèvres

Pleurer dans l’ombre / de tes cheveux / je cherche / l’odeur du sommeil

Le train passe mais je ne tremble pas plus qu’à l’habitude peur du dehors et du dedans de la membrane

Le sommeil me rattrape / fil de nerfs remontant ma joue / jusqu’à te tendre une larme

Un train passe dans St-Henri / serait-ce ton odeur / qui revient?

Montréal dans les vapes / je n’y suis pas encore / au sommet

Belvédère sur l’invisible / toute l’eau se perd / toute l’eau se crée

Nos ailes déposées / sur des lits de papier / traversées d’une même phrase

Repousser toujours / la poussière à demain / faire d’hier deux coups / de moppe

Verre au vin / vidé / comme un moi en morceaux / fêté

Spleen du dimanche / dilatation des semaines / qui n’en finissent plus de recommencer

Parfum d’une moiteur / de nuages mouillés / capitonnée de fleurs

Pâques / essayer de rouler sa pierre / à la pharmacie / et ressusciter

Montréal comme un 1er juillet / les filles montent leurs jambes / les hommes montrent leurs meubles

Brulant enfin / je cours à vide mais / je crée du vent