« Victor Hugo disait que « La forme, c’est  le fond qui remonte à la surface »: intuition fulgurante, car en  manipulant les signifiants, de nouveaux signifiés surgissent pour nous propulser ailleurs. En effet, Ricardou voyait l’histoire comme une conséquence émanant d’un dispositif choisi : le contraire donc d’avoir l’idée d’une histoire et de la disposer sur un support. »

Je cite texto l’article d’@Aurise tellement la reformulation ne peut se faire. Tout est dit, mais pas encore au fond. Je veux brandir comme un drapeau ce bout de texte racommodé et m’en démasquer. 

Voilà : je n’écris rien. Que des mots.

La forme me séduit d’abord; le contenu suit – naturellement – son contenant. J’attire vers moi un plein seau d’argile et l’eau qu’il contient se meut jusqu’à moi – à moins qu’elle ne s’éloigne? 

Une collègue artiste m’a dit, après que je lui ai révélé, la sueur de l’insignifiance et de la grandeur trop tôt présumée au front, que « j’écris », et bien elle m’a dit, puisqu’il faut bien que je finisse cette phrase pour prouver ma maitrise de la ponctuation : « Donc moi (en tant que designer) je m’occupe du contenant, et toi du contenu. » Et moi de lui répondre : « En fait, je n’écris que du contenant. »

Fin de la discussion. L’essentiel PR meurt souvent sans contenu, faute d’avoir eu le temps ou l’occasion de connaitre l’oeuvre autre au préalable. 

Cela me conforte de lire que cette façon d’écrire par amour pur des mots existe ailleurs que chez moi, sur tous mes petits papiers. Une histoire? Peut-être en surgira-t-il une à travers mes divagations. Les champs lexicaux me la serviront sur un plateau, sans doute.

Cette écriture de rien ne donnera ni beste-selleur ni film populaire; sans doute que des images fortes… de rien. Mais je prends le risque et me sauce quand même, les manuscrits et appliances dans un ballot sur ma tête.

Et si vous pensez que je planifie ces postes, eh bien, pensez-le si ça vous chante. Mais l’impro est une conseillère hors perte : rien ne se perd, tout s’écrit devant soi, tout seul, et les liens se tissent. Le sens se calcule de tous ces mots et s’étend, se détend, jusqu’à faire une histoire… qui ne plaira peut-être pas.

J’ai déjà écrit que la fébrilité est un état d’art (« Febrility is a state of art »); j’aurais pu le dire de l’émotivité en général. Et mes touches pour rendre cet art vivant sont les mots, les sons. Le reste, c’est de la parure.