Je promène mon regard, mon oreille, mon stuff dans un forum sur la création littéraire en cette fin de semaine au tain réfléchi. Hautaine, n’ai-je pas dit, car pour moi le snobisme n’est pas – encore – possible. Seuls l’errance, le louvoiement, le recueil me mènent.

Me mèneront-ils quelque part? Oui, j’en doute, surtout si j’en crois la plaisante en moi, celle qui veut plaire à ceux qui complaisent. Impossible d’avoir une voix qui débouche quelque part si je dois pour cela siphonner des mots autres, des respects et irrespects interchangés, des os déjà pourris.

Ça passe ou ça casse, comme on dit. Fais avaler ou tu te casseras le cou.

Et si aucune n’était une option? Je sais que la création me veut dans son équipe. Je n’ai peut-être rien fait, peut-être tout fait. Ou peut-être pas encore. Mathieu Lippé, en d’autres mots puisqu’il est autre, signalait que la création partait du soi, authentique, vraie. (Je le cite tout croche mais la mémoire et les guillemets me manquent. L’effort se mêle de paresse intello. Bref, ma citation ressemble plus à une plogue.) 

Bref, je suis une piste comme une autre mais commune. Une voie parallèle ou perpendiculaire où je prends mes propres raccourcis j-walkants, glissant du je au jeu en talons hauts rabotants. 

Si j’étais improvisatrice, on m’accuserait de décrochage. J’aime. Ne décroche pas qui veut.

Je vois une chaine devant moi, un espace à improviser, une vie à courir au mot le mot. Voir ce que je n’ai pas fait (encore), c’est voir un néant en couleur, un tube aveuglant. 

C’est voir que ma voix porte conseil, toujours, et ce, malgré les dissensions de peur et d’autre.