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Je suis de retour. Je ne vous laisserai plus, promis. Comme si les promesses et moi, ça faisait pas deux. Ou trois. Ou plus.

 

Un poème comme ça faisait longtemps, ci-dessous. Un carnet rempli d’un projet. Des dizaines de cartes po disséminées. Et un poème dans Poème sale, allez donc le lire.

 

Le retour comme un bon voyage

 

Poils de chat sur la ville

chute

à travers mes verres sales

je me revois tortue à Budapest

cosmonaute à Brno

en pleine ascension

 

Atterrissage sur pattes

chaleur

mon pyjama sent la cave moite

quel bonheur

d’y avoir été

araignée

 

Ronronnements contre ma gorge

clopes

comme autant de discussions qui éteignent

je nous ressens frencher

tu riais de moi

cochonnet

 

Miaulements au matin

caresses

une migraine comme cadeau de retour

plus aucun vêtement qui vaille

je suis devenue mie

pétrissez-moi

 

ou mieux laissez-moi tranquille

 

Morsure après débat

colère

cet appartement ne contient pas assez

de cartes postales

j’ai un chargement de timbres

déjà envoyés

 

Mottes de poil sur désert

calme

flux et refus d’ondes

contre mes yeux trop pleins

de beauté

et autres tristesses

 

Jouet lancé contre le mur

crisse

pourquoi ne le défonce-t-il pas?

mon poing dans l’air déconne

et tient une poignée d’euros

fort

Image

Le Japon est sur hold dans ma vie actuelle. Je le tiens artificiellement muet, et il ne peut qu’ouvrir et fermer sa bouche de poisson en signe de mécontentement.

Ce faisant, il laisse passer le thé, un des seuls luxes que je lui accorde dans mon quotidien bouillonnant.

Les retours du Japon ne se suivent pas mais se ressemblent : chaque fois, je nie qu’il a déjà existé, que j’y ai déjà existé. Je refuse son importance et je me redéfinis comme une femme la plus occidentale qui soit.

Je vis le Japon comme un échec. Je retranche ces mois à ma vie. Je creuse un trou pour l’enfuir, puis le manque s’empare de moi. Il est liquide, inconsistant, avec des particules en suspension; bref, une tasse d’amertume. La même que je rebois chaque matin, les yeux vitreux, oublieuse de ce que j’étais il n’y a que quelques mois. Oublieuse de ce que j’étais pendant la nuit.

Oublieuse de ce que les nouveaux départs représentent : des courants qui me frappent de plein fouet, des prises d’air que je voudrais plus fréquentes, des mots dont je ne peux nier la facilité.

Parlant de mots, la carpe ne se laisse pas aussi facilement taire. Elle flashe ses couleurs même dans les eaux les plus inhospitalières. La preuve – pas encore concrète, toutefois : je travaille vers la publication d’un recueil de poèmes… et de calligraphies. De mots japonais, donc. Ou, plus exactement, de mots aux frontières du français et du japonais. De mots de l’entre, de mots du centre de moi.

Toujours des mots de salon de thé, comme dans 57,5 [ajku]. Le Japon prend bien la place que je lui laisse.