Archives de la catégorie Sur prose / Breaking Prose

just like i’m gonna swallow tons
of snowflakes in the white night.

the city’s so wide and bright tonight
i know i’ll completely disappear
in it, and reappear lively in my bed,
in someone-i-don’t-know-yet’s arms,
in yet’s arms

i’ll be wet with snow
-men dreams, covered with
invisible messages the someone traced
on my sleeping skin, while i was busy
waking up
every single breath fainting in my dream.

then this someone’ll fade into the morning
whiter than the night if that’s possible
at all, after not finding egg whites in the
blinding and blinking refrigerator.
i’ll rise from this no someone’s land
that’s my bed. my cat’ll make cookies
on me just like i’m a piece of sheet
or something.

i’m a piece of snow, man, can’t you see?
can’t you see
me – rolling in crispy snow, yet to discover
this someone’s message on my skin that screams,
i wanna see you
AGAIN.

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*** This poem has been written for dVerse Poets Pub, tonight about invisibility. Context: tonight is the Nuit blanche in Montréal (literally white night, a series of cultural events that last all night long in the city, and prevent its inhabitants from sleeping – as this is what the expression faire une nuit blanche means: to not sleep at all during a night. I cheated and slept in my poem, somehow.***

on fly
au sommet de Montréal
en bus bardé
de pub qui blesse les yeux

je ride un seul pied
à terre
toujours à moitié su’l’brake
— shake me

Montréal. ma couleur
« regardes-y le smug de béton
à la madame »
belle et brune

on vole
et revole sur ses courbes cassées,
dos encore au lit
et yeux couleurs de nuits

sur Saint-Laurent.
toujours ciel et terre
de la même estie de teinte
un homme étalé entre les deux

on touche
deux extrémités d’ile mais
ça connecte pas
le bus est vide

d’essence. cheap
parfum de coconut
bonne couleur, baby,
but now bum it back

— your back to me
on fly
chacun dans l’moment

puis on vire.

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Qu’est-ce qu’y m’a fait, au fait? Y a rien fait. Pis c’est dans ce rien-là que je me suis perdue.
– Suzanne, dans Le Météore, de François Delisle

***

entre mes deux yeux
ce beau rien plat,
la base du nez où reposent
les rêves de tombée
dans le vide du matelas —

ça glisse.
que le dos d’un canard
serait doux à flatter
mouillé et bleu
comme le poil d’une loutre

studieuse.
c’est là mon totem
et mon fardeau,
lourdeur du bois
qui encercle mon regard
et mes yeux noirs

si
seulement ma douceur de chat
pouvait être partagée
flanellette pour trois
soirs en ligne —

en attendant rien
ne passe(nt)
que des rêves massues
où je mets le feu avec douceur
et me réveille trempée
de sucre tendresse –

je reviens
adolescente, réussie
seule et vide et
épuisée, un bouton de rose
sec
dans une feuille de papier

je bois.
mes verres filtrent
le monde en bleu,
et le temps d’une hibernation
les hommes deviennent
des poupées en carton.

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« on the other hand », she wrote
that’s easy to write
when you’ve got more
than one arm
to your clock

(am I being)
wise
or counter-clock
wise now?

or most probably just
right,
I mean just dead inside
my right arm,
with this heavy limb to extract
from under my pillow and
throw like
tons of feathers

but don’t worry death’s left
five tweeting fingers
with their right to live
and typing fever
tapping on the right
hemisphere

/it’s as if life took a turn,
freeing one half of me while running
to the other side/

(am I plainly
suffering or rather
discovering unused paths
from mind to sheet,
from wrong to right?)

I am.

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*** This poem has been written for dVerse Poets Pub; you will have noticed that this week’s theme is « on the other hand », or seeing both sides of the coin. Don’t worry, I haven’t lost an arm, I simply sprained my shoulder almost 2 weeks ago, and therefore have had to find new ways to do things without my right arm.***

Impro en écriture automatique ou presque. Pas d’écrit : qu’un dictaphone et une fille bored au bras dérinché.

Écoutez ici.

Ou sagesses ancestrales pour le gouter, placées simplement en ordre croissant.

1. « Tirer ou pointer la folie qu’elle revient au dalot. – Proverbe pétanque »

2. « Définition de la factorisation : processus par lequel on décompose toute en deux choses qui se reproduisent. »

3. « Patate, banane ou madade : même combat syllabique. »

4. « L’élégance (interminable) (de l’effeuilleuse) du rhododendron : je t’aime un peu, beaucoup, à la folie, comme pas pantoute finalement, etc., etc. »

5. « Bouillon de cinq-épices pour l’âme du sapeur. »

Cet exercice d’écriture absolument peu sapide a été réalisé grâce aux gens et aux livres qui m’ont donné à intégrer les mots suivants : patate, banane, pétanque, biscuit, simplement, toute, comme, élégance, définition, gouter, bouillon, folie, rhododendron, factorisation.

Nouvelle année, nouveaux problèmes à résoudre en un tas de mouvements (plus de trois). Rien de grave : que des chiffres, pas de grands nombres. Du concret, de l’uni, des pierres retournées une à la fois.

Go.

2. En 1996, un conteneur arrimé faiblement au toit d’une Dodge Caravan blanche a lâché les amarres sur la 132 près de Cacouna et a rebondi 5 fois sur l’asphalte avant que le père de famille ne gare la van sur le côté, en descende et aille ramasser ledit conteneur en fulminant. Il attacha celui-ci à un poteau en se promettant de le ramasser à son retour, ce qu’il ne put pas faire puisque les gars de la voirie furent plus vites que lui (oui, vites l’adjectif, quins) : 32 minutes au lieu de 3 jours. L’asphalte a depuis été refaite 2 fois, dont une fois par pe beau-frère d’un de ces gars de la voirie, Gilbert Duguay. Si l’asphalte n’avait pas été arrachée puis reposée, a) qui serait Gilbert Duguay : le gars de la voirie ou son beau-frère? b) combien de fois Même aurait-elle pu passer sur cette trace pendant son aller-retour Montréal-Rimouski, en supposant qu’elle n’est pas sortie du tout de la maison lors de son séjour?

0. Le soir du 30 décembre, une famille un peu élargie fit une fondue chinoise à l’aide de bouillon Canton pour la sans-gluten, de propane et de jeux questionnaires pour réchauffer l’atmosphère. Deux cousines et une tante portaient chacune une couleur primaire sur elle. Les deux plus éloignées de la famille éloignée ont mangé deux assiettes de viande, puis elles ont fait bouillir le reste pour un sandwich ou un sauté chinois, de sorte qu’il ne restait plus de viande rouge – seulement un chandail.

1. Sous le sapin, entre les tas de cadeaux et les boutiques anglaises engluées dans la fausse neige en mousse trônait une crèche en bois, construite par l’oncle ébéniste (le même qui a construit la moitié de la maison). Dans cette crèche (ou à côté) figuraient des bonhommes démesurés, ceux de la Nativité. Tous regardaient avec amour et miséricorde un trou au centre, là où le berceau du petit n’était pas, puisqu’il était caché sous le divan quelques pieds plus loin, à la demande du jeune vénézuelien ayant habité cette maison dix ans auparavant. Cela aura pris une décennie à la famille pour arrêter de s’entêter que le petit Jésus était né avant le 25 décembre. Sachant cela, combien de Vénézueliens y a-t-il dans cette histoire?

4. Deux filles et leur mère faisaient les desserts pour le réveillon par un bel après-midi froid du 24 décembre. La mère avait retapé les recettes tachées de sa propre mère dans Word et les avait imprimées, pas toujours une par feuille. Une fille n’osait plus licher la cuillère de bois à cause du Crisco, l’autre mesurait puis échappait une bonne part de chaque ingrédient sur le sol, dont beaucoup de cacao sur la céramique blanche. Elles firent des recettes traditionnelles : dominos (aussi appelés « nanaïmos » par les gens qui n’en ont jamais vus au large), rouleaux de chocolat Baker’s et de guimauves pastel, macarons-pas-fancés (les tas à la noix de coco et au chocolat), gâteau froid aux biscuits Village et café instant. À la demande répétée d’une soeur, elles préparèrent aussi des biscuits au beurre de pinne, suivant pour ce faire la recette imprimée sur le pot de beurre léger, « parce que hein ». Considérant qu’au réveillon, le père et une amie se joindront à elles et qu’une soeur ira se coucher sans manger de dessert, a) dans quelle région du Québec habite la famille? b) pourquoi manque-t-il une soeur pour le réveillon? c) qui a installé le logiciel Word sur l’ancien ordinateur de la maison, un Pentium 486? d) combien de personnes ont gouté à l’un ou l’autre de ces fabuleux desserts de Noël ce soir-là, sachant qu’il n’y a pas eu la visite d’un voleur?

Solution :
« Toutte est dans toutte » qui est dans toutte.

Bonne fin d’année 2013 et bon début de 2014. Je vous souhaite une année de folie et de niaiseries. Trempées dans le chocolat Baker’s fondu.

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La nuit la plus longue sera une autre cavale de l’esprit.

L’esprit en tant qu’énergie coulant à travers les montagnes, la neige et la poudrerie, et laissant croire au spirituel parce que tant de beauté.

Tant d’arrêts du coeur. Tant de larmes figées.

L’esprit en tant qu’essence des choses, en tant que son sourdant des vibrations des côtes.

Oui, cette nuit la plus longue sera longue, parce que par la fenêtre fermée j’oserai lancer un appel, une suite de mots entrelacés en une guirlande de Noël improbable, une série de lumières clignotant au rythme des doigts sur un clavier miniature.

Par la fenêtre fermée j’oserai entendre un appel, celui du vent d’un avenir devenu proche de ma poitrine, serré comme seul un vent peut l’être.

À travers le ronronnement du lave-vaisselle et de l’actualisation des objets (sapin, odeur d’aiguilles, couette, thé vert, etc.), à travers le brouhaha de ma tête en fleur, un chant perce.

Une étoile filante vacille dans mon regard (fermé, vers l’intérieur).

Un chant perce. J’entends le soliste d’hiver. Sa voix apaise, coule autour de moi, épouse ma forme, flanellette. J’y perçois l’éraillement du voyage, mais aussi la lueur du matin qui viendra un jour, le jour.

Parce que c’est déjà le jour, et déjà plus le plus court.

Le soliste est reparti. Son écho persiste toutefois, neige après neige; le froid a figé son courant, parsemé mais parfait.

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woke up to the whitest
tempest
of ideas,
lying still
pondering,
powdering as flakes
of love were falling down and I
should go get them quick —

groceries. food
for thoughts.
for tough
minds and hearts and
blinds
like mine. food for mines
(antipersonnel)
that I should avoid as well as heaps
of snow covering all peace
-fully —
i’m a weightlifter
of boots and hearts.

lost in white is
my way, as is yours,
and the moon
‘s
softness,
for this overwhelming screen is
weighing on my eyelids like
the heaviest tears of women before
and now
I have things to heave,
to ease —

ebbs. flows.
periods.
full
stops.

regular is only a word
some other people have invented
to make sure they control
their snowflake intake;
I am here lying
still
on a white surface,
waiting for the beautifullest
– irregular –
snowflake to drop
again
on my tongue,
again and again.

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il y a des fois où tout commence par une collision.

et toi tu es de celles-là
-bas, amant des vitesses
shiftées.

il y a des points qu’on n’ose pas mettre
à la fin de chaque mot,
par soupirs
ou par égards pour les pertes
chaque fois qu’on n’ose pas laisser
être.

je savais
comme tu savais
qu’il n’y avait d’espoir
que dans le mot lui-même,
que dans ce mot qui luit
même
dans la slotche des yeux
grafignés.

il y a des nuits où tout finit par une collision,
celle en laquelle tu crois
la retient entre ses doigts,
tiens.