Jeu de mots poche. J’assume; j’ai pas la tête à ça. Ni ici.
Hum, ça commence trop bien, comme d’hab. Je ne sais pas encore où cet article ira. Je ne sais pas où ce blogue ira, non plus. Il est le fil infiniment long, fibre optique démodée bandée au milieu de la terre, qui relie le Japon à mon poignet.
Dernièrement, oui, je me sens loin, ailleurs, hors, mais certainement pas au Japon. Je suis juste à côté. Tombée. Zombie.
Mon emploi me laisse le temps de baigner dans trop d’histoires à la fois. Des morceaux et des monceaux de vies où je plonge dans toute ma fragilité. Je m’étale partout, dans le métro, dans l’autobus, une musique de mort lente pulsant dans ma tête filée.
Se dévouer à la langue, au texte, au mot, c’est s’avouer une lourdeur à l’intérieur. Prendre le poids de toutes ses humanités qui grouille dans le coeur, dans la tête, puis le jeter convulsant sur le papier. Être soi-même le fil qui va dans toutes les directions.
Je me sens nouvelle chaque jour. Toujours un peu moins, toujours un peu plus moi ou les autres. Un peu plus quelque chose, quoi.
C’est dur, écrire. Ce pourrait être la thérapie qui me laisse pour morte.
J’attends vos tripes. Je veux du nu, et non plus de l’aseptisé. Exposez-moi.