Archives des articles tagués micropoésie

Sur cette page, l’archivage de pouèmes publiés sur Twitter. Parce que je ne peux pas me permettre de les laisser couler entre mes mains… et que je veux leur assurer une pérennité selon mes propres paramètres. Tout n’y est pas, mais ça viendra.

La poésie me / quitte…

Appel de mon lit / une porte close et le chat / se rappelle de moi

Racing for a tea / racing for more free time as / fast as kitten goes

Learning or teaching / standing or sitting, thinking / forgetting students

European time / wine and unsettling dreams / handing out my heart

Le cou tourné et / l’inattention me décoche / des vacances toutes neuves

Legs under cover / some freshness still to be found / at the knee’s corners

En sandales de douche / et en maillot de vitesse / l’ours polaire se mouille

Votre visage laisse / toutes ces voix parler plus fort / de nos maladies

Tweeter encore et / toujours la même maudite pub / voyez-moi please do

Off to write out of / my teapot on a table / of prepositions

Mes yeux ferment tout seuls / la lampe qui attire la mouche / qui attire le chat

Burning clouds topping / the most pressurable day / but freshness to come

Fat morning / spreading on me for hours / dreams of milky straits

Paranoïa / au moins tu me prends / pas que pour moi

A glass of pale ale / and life’s bitterness / is all flushed away

Du vent au ventre / il n’y a qu’un pas / qu’un re

L’amour gonflé comme un sac / de ligaments entrecroisés / et perdus dans la distance qui les baigne

L’inspiration me rattrape au son / des sirènes de Saint-Henri / qui mordent leur queue / et étalent leur pauvreté

Jusqu’à ma bulle d’autres villes / le vent me pousse l’odeur / le sable / doux grésillement sur mes lèvres

Pleurer dans l’ombre / de tes cheveux / je cherche / l’odeur du sommeil

Le train passe mais je ne tremble pas plus qu’à l’habitude peur du dehors et du dedans de la membrane

Le sommeil me rattrape / fil de nerfs remontant ma joue / jusqu’à te tendre une larme

Un train passe dans St-Henri / serait-ce ton odeur / qui revient?

Montréal dans les vapes / je n’y suis pas encore / au sommet

Belvédère sur l’invisible / toute l’eau se perd / toute l’eau se crée

Nos ailes déposées / sur des lits de papier / traversées d’une même phrase

Repousser toujours / la poussière à demain / faire d’hier deux coups / de moppe

Verre au vin / vidé / comme un moi en morceaux / fêté

Spleen du dimanche / dilatation des semaines / qui n’en finissent plus de recommencer

Parfum d’une moiteur / de nuages mouillés / capitonnée de fleurs

Pâques / essayer de rouler sa pierre / à la pharmacie / et ressusciter

Montréal comme un 1er juillet / les filles montent leurs jambes / les hommes montrent leurs meubles

Brulant enfin / je cours à vide mais / je crée du vent

Ces temps-ci ma vie n’est pas prose. Elle est faite d’un collage, d’un enchevauchement (copieright @freinque) de moments blisses, d’éclisses de trois lignes chacune, de doigts manquants et manqués.

Ma concentration s’efface dans tous ces instants à la fois – rien de neuf – et je ne peux que vivre des poèmes. En voici donc un échantillon, inspiré et respiré comme un air pressé – mais doux – de plateau ensoleillé. (C’est quand même mieux qu’un deux par quatre enfoncé dans la main.)

 

Entravalés

Trois bouts du monde

Passent par nos plumes

 

Mots de chaleurs

Cupcakes fondants

Dans les bouches des voyages

 

L’attente du vide

Le vide latent

Jusqu’au bout du banc

 

Péchés clairés par la pluie

Lattés jaunis sous les rayons

Deux journées en une

 

Une alarme se languit

De la droite se boucher l’oreille

Refaire le silence

 

Quand les tuyaux et cigarettes tracent

La légèreté de l’été

Je fais face aux apparitions

 

Je me suis posée

Un peu ici un peu ailleurs

Mais tout à fait là

 

Ton absence me cherche

Trouve au fond malgré moi

Ce centre égaré

 

Et je ne conclus pas.