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2011, l’année des migraines en crescendo et du corps en crise.

(En crisse? Aussi, sans doute.)

Je n’ai pas envie d’en faire un bilan. Pourquoi? Parce qu’il tiendrait dans deux lignes et quelque, que voici :

« Retour du Japon. Travail dès lors, dans mon domaine, avec superbes rencontres et fatigue infinie. Amours quand le temps le permet. »

L’an dernier, j’étais coincée au Japon pour célébrer dans un temple glacial. Je m’étais promis de célébrer seule l’année suivante, afin de répéter une expérience exquise que j’avais eue en 2010.

Cette fois, alors que j’avais oublié cette « résolution » – comme c’est la norme -, la force des choses m’a clouée au lit pour me la crier au visage. La migraine m’est passée sur le corps en entier – a rasé ma moitié de lit. Voilà le moindre son insupporté par mon système, surtout celui produit par une voix humaine plus aigüe que la mienne. Que celle qui joue dans ma tête, en tout cas.

Progressivement, tandis que le café et les Advil liqui-gel font effet, je me permets d’être contente de mon sort. Tout le monde parti fêter, j’ai la maison à moi même si je ne peux danser. N’est-ce pas ce que j’avais souhaité?

2011, retorse jusqu’au bout. Tu as fini par me donner ce que je voulais, mais en me faisant passer par les chemins bouetteux, de sorte que je peux même pas me plaindre.

2012, je te demande rien, comme ça j’aurai le droit de chialer.

Mais avant, je prends une petite année pour me reposer. Je pense que je le mérite bien.

(Comme vous tous, d’ailleurs, qui prenez le temps de lire mes états d’âme énigmatiques. Je vous souhaite pas ce que vous voulez en 2012; je vous souhaite rien. Comme moi, vous aurez sans doute quelque chose à la fin.)

Par suite au poème laissé en commentaire par Marc Aurel après Doutes, je relance la balle dans le miroir.

Si je te serrais
D’un coup de vis à vis nous
Nous retournerions

Pourquoi cette fixation sur le transit comme thème de nos vies?

Peut-être parce que rien n’est fixé, justement. Tout passe… et laisse sa marque en passant. Les émotions, comme de gros chunks de chocolat avalés tout rond, irritent l’oesophage, font gicler des acides, débattent le coeur. Qu’on aime ou non, on ingère, prend ce qu’on peut quand ça passe, puis on doit recommencer, le chocolat étant ce qu’il est – c’est-à-dire fondant.

Je me sens parfois comme un gros bloc de chocolat, fort au gout mais friable et fondant, justement. Je me dis parfois que les femmes sont faites en chocolat – et non en bois, peu importe ce que vous en pensez. Elles émeuvent, font saliver, fondre, battre. C’est à se demander pourquoi j’ai utilisé le pronom elles au lieu de nous.

Je suis le chocolat pendu dans mon estomac, tentant de se reposer du mieux qu’il peut dans un environnement anxiogène. Je me sens aussi suspendue dans cet air qui passera à travers tous vos poumons, l’un après l’autre. Pas seulement en transit : en transition.

Je ne vais pas quelque part comme Hiroshima, cette fois. Je passe par quelque état pour arriver… à moi, toujours. C’est comme ça. On ne peut pas être partout.

D’un appartement à l’autre, d’un ménage à l’autre, je prends le temps pour moi, de m’écouter mais aussi de me mettre sur mute. Et j’en profite pour aimer… et pas que le chocolat.