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New York, plus tôt aujourd’hui.

C’est le calme avant la tempête. « Est-ce que ça va être comme ça dans l’oeil du cyclone? » as-tu demandé. « Pas tout à fait, » a-t-il répondu avec son stoïcisme habituel.

Il a une façon de te rassurer qui te plait bien : il expose les faits, prépare pour le pire, ne tombe pas derrière les oeillères que tu te mets habituellement.

« Un moteur qui roule sans moi / en acier dur et froid / et je cours et j’enchaine / que la chute me surprenne »

Ça, c’est la tempête qui souffle dans tes oreilles avec la voix d’Ariane. C’est ton esprit d’aventurière du dimanche qui te fait regarder droit devant en tremblant.

Vous avez fait des blagues de fin du monde. Tu n’y crois pas – tout de suite – mais tu as peur, comme toujours. Lui, il rit gentiment, et puis tu ris toi aussi.

Tu te rappelles quand tu t’es vue emportée vers la mort, la tête in and out d’un courant sans merci. Tu as lutté, tes jambes étaient pleines de bleus après. Tu en as eu la preuve après, après les pleurs.

Aujourd’hui, c’est différent. À part le vent qui secoue les arbres et les torrents de gens à l’épicerie, rien ne laisse présager une mort soudaine. Pourtant, tu y penses pendant quelques minutes.

Le calme avant la tempête… à moins que la fin ne soit pas la tempête attendue?

Au creux de toi, ce même calme, ce même oeil bienveillant qui te fait dire : « Ça se peut que je meure en fuyant. » Et qui te fait penser, à la fois froidement et chaudement, aux messages que tu laisserais à tous ces amours.

La paix.

Entre Albany et Saratoga Springs, présent

L’urgence n’est plus, la paix est toujours là.

Tu as fui juste à temps, il est en sécurité, barricadé avec ses chandelles et son caviar.

Mais tu sais très bien qu’une autre fin du monde est possible. Qu’à cela ne tienne, ton âme est prête.

1.
soleil éclatant
mes yeux brulent de voir facebook
converger enfin

2.
la cour intérieure
des papillons volent en groupe
il y a une issue

3.
matin d’insomnie
un masque pour rafraichir
mon visage rougi

4.
au gré de la vie
les itinéraires changent
tout le monde le sait

5.
la terre tourne carré
mon cerveau suit égaré
fenêtre bouchée

6.
je n’ai plus cours mais
je suis livrée à vous tous
mes dignes professeurs

7.
barbecues en feu
le chat qui dort rêve plutôt
de sushis bien frais

Quelle moyenne aria se joue là
Des mots qui se placent en ordre seuls
Peignent la dure journée que voilà
Traits et rides que la vieillesse esseule

Rimes molles comme la peau qui plie
Schwas qui se lovent inaccentués
Dans les résonances entre l’ampli
Et mes alternances habituées

Ma paix est un produit du mouvement
Dans lequel chaque forme d’art m’entraine
Le poème n’est dans son élément
Que lorsque sons et lumières s’égrènent

Tout autour de lui dans un grand encore
Toute source valse dans le décor

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