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I am on a bus under a full moon.

Is this a dream? As in, "life is a recurring dream"?
Clouds don’t want me to watch but my heart knows. My heart is drawn up while my body passes on a bridge too high. A bit too high. A roller coaster squeezes my spine.

Wait. My heart knows.

My heart knows we’ll be fully together soon. Soon after I have passed these rushing hours, in which the round softness of ease remains nowhere to be found.

My body is nowhere.
My body is to be found.

I am on a bus and the bright horizon stretches itself wide under sagging clouds. Arms wide open, wide crushed.

My heart is wide bruised. I’ve bruised it myself. Since I was born.
But there’s the full moon. There’s tea that makes me cry. There’s you and own imminent reunion and our sobbing and our blessings. There’s a dream that my body can find its center again.

My body is round.
My body knows how to be.

I am up in the air again, launched as a book with no cover. I’m flying like a stack of papers defiantly thrown (up) by a student. And while I’m up in the air I think the moon is not far therefore I can reach her. I can reach myself.

My heart is round.
My heart is a fist under a veil.

The veil is the same colour as my lips, which are the same colour as my gums. She made me laugh so hard today while we were walking along a brick wall, and because she burst out laughing at the exact same time my gums actually vibrated. It hurt. Slightly. I was shocked. And laughed once more.

My heart can be moved up, so can my body. I’m on a bus and I’m everywhere to be found. As long as there are bright colours I can picture myself easily. I can picture myself easily in your autumnal leaves. "Of Autumn", it read.

My body is red.
The moon is red.

Red as passion and emotions that flow back in. Red as the sheets we used to lie on before they got furry with cat hair. Red as cat fury, red as our laughing at him.

My heart knows where the moon is. It knows the road to you, too.

Our hearts know how fully human each of us is.
But they also know how fully we’ll be together.

I am on a bus under a full moon.
And my dream is everywhere to be found.

Ma vie est événementielle récemment, and so sera la vôtre.

Pour me remettre de ma déception de ne pas avoir fait le top 5 du prix de poésie Radio-Canada, eh bien je me lance dans plein d’autres projets. (Ceux qui me connaissent bien auront compris le ton, half-joking bien sûr. Parce que les projets étaient déjà commencés bien avant… et que le top 40 était déjà une assez pas pire surprise, ne?)

Ce soir, Mireille St-Pierre et al. lançons la campagne de financement du projet de livre multi-toute Hôtel Jolicoeur au pub L’Île noire dès 18 h. Y aura plein de jeunes talentueux avec qui jaser d’écriture, de photo, d’illustration… et, évidemment, du souvenir d’un hôtel crade et glauque tel que Jolicoeur. Venez donc.

L’évènement Facebook ici.

Samedi, c’est au tour d’Ottawa d’être rocké. C’est la Nuit blanche au marché By, et le Labo in situ aura pignon sur café au Roast n’ Brew. Encore ici, poésie et photo et autres avec Pierre-Luc Landry, Poème sale, Léa Lacroix, etc. Encore une fois, venez donc (pis si vous le faites de Montréal, vous pourriez pas m’offrir un lift? Lol.). Vous êtes même pas obligés de pas dormir, parce que ça finit à 2 h.

Voici le flyer de l’évènement :

Et l’évènement Facebook est ici.

Au fait, j’y lirai des pouèmes de moi-même et de ma chère Sui Solitaire. Lecture bilingue, ma propre traduction. Fun avec Instagram itou. Pus de verbes. Juste lol.

Je suis une fille de marées. Après tout, je viens de là où le fleuve est désormais mer, là où il s’élance puis se repose au rythme des changements de ciels.

Il paraitrait même que les filles de par chez nous goutent salé.

J’ai une lune à la place du coeur. C’est une parcelle blanche, éclairée à différents degrés, qui m’unit et me désunit au ciel. Après tout, je suis faite à 56 % d’eau… 56 % d’aimant.

Surtout dans les yeux.

J’ai le sang bleu comme un reflet du monde. Quand le froid pogne, il me fige sur place. Sinon, j’ai le courage des marins qui laissent leur famille échouée sur le rivage.

J’ai les veines fuyantes, en fait.

Je suis une femme d’immensité. Je cherche le ciel et la lune en sortant du métro, les étoiles en sortant de la métropole. Je cherche la métropole dans tout.

Je me cherche dedans itou, et il y a des morceaux partout.

Je suis une femme de nature. Je pensais jamais dire ça.

* Photos instagrammées *

Comme plusieurs, j’aimerais avoir le beurre et l’argent du beurre. Ou plutôt, le gout et l’argent du beurre. Car le produit dans mon corps ne m’intéresse pas; seule la saveur m’importe.

(Mais l’odeur du beurre qui reste imprégnée tout autour de ma bouche après le blé d’Inde, je sais pas.)

Le Bi Luo Chun que je bois est tout en beurre. J’y goute les après-midis de fous rires arrosés de P’tit Beurré (en chinois, Dayulin). J’y goute aussi les deux biscuits Petit Beurre qu’on pouvait manger chez grand-maman, avec une salade de fruits en canne – et si on pognait une cerise, le jack pot!

Attendez, je pense que c’était plutôt des Social Thés. L’esprit est un serpent qui se mange la queue, pensai-je en me reversant une tasse.

Le gout du beurre : Montréal, toutes les théières vidées, les fous rires répandus, les crèmes glacées testées, les belles personnes checkées, les danses transées, les cafés-clopes pris sur le coin de la rue en se pensant (plus hot qu’) à Paris.

(Wait… did I just make this last one up? Oh well.)

L’argent du beurre : New York, la vue sur le pont Geo Washington Br, les cerisiers dans le parc, le marché aux puces hip de Brooklyn, les lucioles, toutes ces photos pas encore prises, et même du bon thé, maintenant.

New York, et toutes ses insécurités. New York qui veut apparemment que je reste, lui qui me bombarde d’Arcade Fire et de Bi Luo Chun.

New York, c’est l’argent qui brille sur la table comme un couvercle de théière qui nous renvoie notre sourire. Qui nous rappelle qu’on existe, et qu’on peut donc bouger, aussi. Explorer. Gouter.

Le gout du beurre s’altèrera peut-être un peu – surtout si on le laisse sur le comptoir – mais il restera là, un réconfort un peu tourné à laisser fondre dans sa bouche pour se donner du courage.

This has been a mascara-thick day
I covered my face with a domino
only half fulfilled
yet my lips in bloom

All day long I have been trying
to protect myself from your echo
eardrums half pierced
by midnight sounds high

Waiting in a wagon as sweet
as a ride in the dark with neon
stars plastered around
and lips singing tight

I have to conceal everything
but I do burst sometimes, and I did
leave murmurs, heart
broken laughters in air

Had I a cigarette I would gaze
at its lit butt till my holes for eyes
are damaged again
yet there’s the moon

And now she’s making up for lightness
with a shower of Perseid lights
perfidious heartstabbers
rotten leftovers

With my acid smile and moon-drenched
blackholes I look at changing cities
and the midnight rain
fades both our colours.

*** This poem has been written with M83′s Midnight City in my earplugs – memories of rain and light – full moon still impeding my… normality? – full moon still working shifts on me. I hope you see a star fall. If not, at least you have many beautifully sad poems to read, here at dVerse Poets Pub. Oh, and by the way, the pic was modified with Instagram, again. ***

Here is from my upcoming poetry (e)book in English, Borders. Stay tuned for more!

La synesthésie est embarquée dans le bus ce matin, avec Saint-John Perse, et on est partis faire un p’tit tour de jaune et vert sur Beaubien.
Il y avait toutes sortes d’arbres que je ne peux nommer ni encore moins décrire, les yeux plissés derrière mes lunettes en plastique pare-pollen. Tant pis, les poèmes feront la job, moi je ne connais que le monde de béton et de peinture déjà appliquée.
Ce soir je connaitrai celui des astres enchevêtrés. Peut-être deviendrai-je meilleure poète, ainsi bardée de vues téléscopiques et de vin. Peut-être pas. Mais j’ai le sentiment d’un vert sombre de forêt poignante, d’une ombre mouillée sur la pelouse dans laquelle je me trempe les pieds, d’une fontaine luisant sous un soleil lourd.
C’est ce que je me souhaite pour cette année. Ça, et un vent chaud qui sort d’une bouche de métro et qui me siffle un air de jazz. Toujours ce verre de vin.
On est maintenant dans les avenues, mon livre, ma folie des chiffres et moi – carrément "dans" puisque au-dessous du sol, au frais, bien à l’abri des dangereux collégiens en vacances. On se conserve bien ici : la poésie coule comme un miel jaune, les voeux s’envolent comme des grains de pollen neigeux. Il fait frais, il fait réconfortant.
Je ne sais pas où le bus nous a menés. Ce n’est pas le terminus, ici. Je suis encore dedans, et nous roulons dans les parcs bien arrosés. Dommage qu’il n’y ait plus de fleurs roses odorantes, me dis-je, un relent japonais en dedans de l’estomac.
Il y aura du beau, aujourd’hui; mon ventre le sent. Il y aura de la nature en ville, comme toujours. Il y aura d’autres natures, d’autres villes. Et au centre de tout ça, il y aura un livre mûr et moi, encore verte de ne pas savoir pourquoi.

To my dear Arman & Mélodie

1.
Cancelled vacation waved like a form
a disease, Montréal-like vibe.

2.
His Copenhagen waved like a flag
a regret, Oslo-night colour.

3.
Their Berlin, vibrant still like a wave
regretted, cemetery days.

Poems written for FormForAll, dVerse Poets Pub. Photos taken at Camellia Sinensis teahouse, and modified with Instagram.

On est allées faire un rallye dans le quartier chinois we rallied to Chinatown
that was a Scavenger hunt with no treasure

No treasure except for the tapioca pearls
it read pearls
you read peerls
you laughed at my
Rs

On est allées voir les gens se purifier dans Chinatown we saw purist people
there was a pure basement with no chest

No chest except for our moving hearts
hands rested
les mains restaient
immobiles dans les
airs

On est allées faire les allées and the aisles we sorted through allies
that read goddesses or godnesses

Il ne nous manquait que quelques lettres
quelques mots
pour tinter dans le vent
doucement comme des
ailes

***
Photo modifiée avec Instagram

In the subways I
I learnt to thrive
and you told me we’d never survive
grab your town’s handles we’re leaving

(we’re living
in a song
we’re living
in an arcade that’s out loud
that’s in there down there)

We’re moving past
we’re already passed

(there’s no such thing as staying
open
doors close anywhere around you
beware
of tripping fingers)

And all of the walls they built in the sixties never fall
and all of the art they built in the sixties never fall

(we fall on them
stick to them as flies attracted
primarily by colours)

Sometimes I can’t believe it

(and I don’t)

I’m moving into the night

(and as we fade we become
the same exact hue as
every other passenger)

BONUS TRACK (from 57,5 [ajku])
Ciel couleur métro
mes pas me mènent encore là
où je ne vais pas

*This poem was inspired by today’s dVerse Poets Pub and their inspiring prompt: Subway. As I am fond of my own town’s metro -Montréal- I wanted to share these poems and pictures (modified with Instagram) that represent it well. Please put some Arcade Fire and move to their sounds… as you wonder if you should fall asleep with the rumble or wake up with bright colours. And don’t forget to read other poets’ poems as well!*

(This poem integrates a few modified quotes from the song The Suburbs, by Arcade Fire.)

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