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Mon âme aujourd’hui, une feuille d’érable
tombée, certes, mais aussitôt envolée
un appétit de terre et d’air
planté sur un corps de rosée

Il y a de ces jours où le coeur
veut aller plus vite que le respir
et s’enfarge dans la feuille sur le tapis
et ébrèche le bec de sa théière

Avec l’automne mon souffle est revenu
à la base, pu-er sur feuilles
question de décanter les battements
du reste des évènements réels

Les gestes ont dû reprendre le dessus
et les autres directions, dont la grâce
d’avoir été une feuille parmi tant d’autres
et peut-être aussi le chat

Mes mots coulent d’un coup, trois doigts
d’eau au fond du bol, et frappent
les parois pour rendre vert
ce qui reviendra à mon essence

Photos instagrammées. Suivez-moi: @meme_aimee.

She had a purported sense of loneliness back then
back there,
a purposely avoidant stare
of the clearly ambiguous type.
As words were raging and raving
around her like unleashed katanas
or revolving doors,
she raced to hide into tapioca pearls
- the one time she had found some, debutante’s luck -
or apples as big as her face,
hesitant.

Buying food out of a 500 yen coin
biking it off,
soon biking from one konbini to another
without buying anything
’cause nothing was worth more than emptiness,
the sword-carved and stud-crafted sort.

She only had words and shame coming out,
an acid string she would fill her room with
in small bundles of well-known acrimony

Of the rigid type, she was
most unlike me this poem this story
telling with many directions and blunders
how she came to be me.

Okāsan had a pure sense of connection – she still has
even though she’s not okāsan anymore -
with her purple art stare-making
up the clearly extrovert type.
(I bet she, the one that’s I, became a little like her, the one that’s she
over time spent
and money in konbinis
over food that we did eat.
But I am skipping steps now,
avoiding the core
that’s essential
as usual.)

CORE (to be sung over and over, as there is no other verse to come):

As she made me list all the times in my life
I had been saved by luck or whatever
I wanted (it) to be,
she set a dim fire in my heart,
the one that tastes like matcha
gently rocking.
Then as if not enough she put out
my burning hand with hers,
and I can still feel raging and raving katanas,
a hurl of untouched coins,
my metallic bubble of fear shaken up
for not having been touched in eight months
(inside or outside).

*This poem, her/my story in Ōsaka, was written for dVerse Poets Pub, and will most probably be published in my upcoming ebook, Borders.

Pourquoi je mets un point après mes titres ? Pour faire plus vrai. Plus authentiquement détonnant. Plus directement tombant. C’est tout.

Mais bon, veuillez pardonnez cette digression – si on peut parler de digression alors que le texte n’est même pas commencé. En tout cas, le Japon m’aime, il me l’a prouvé aujourd’hui. Je suis tentée de faire ma plate et de vous faire une bête liste de ce que j’ai fait aujourd’hui qui me fait dire ça, comme je ferais dans mon journal si j’avais un journal. Mais je vais vous épargner cela en vous disant simplement que l’aubergiste m’aime bien, que j’ai trouvé (et acheté, évidemment, puisque je suis pauvre) le bol à matcha et la tasse de mes rêves, que j’ai dégusté un matcha servi dans un pavillon de thé par une sensei en kimono, et que je suis arrivée au musée exactement au moment où une expo des prix de poterie contemporaine commençait.

(L’art de mettre une liste sous forme de phrase pour pas que ça paraisse.)

Je suis bénie. Alléloûiah.

Hagi, tu m’auras réconcilié avec le Japon. Merci de m’avoir rappelé que c’est pas grave de ne pas être fan d’anime, et qu’il y a encore des Japonais pour qui le matcha est un drink qui se boit chaud.

Ça y est, je pleure presque. J’ai pus de bière.

En bonne chercheuse (hum hum), je pars en quête du chawan manquant. Celui qui manque dans ma valise, celui que mes lèvres veulent toucher. (Non, il ne s’agit pas d’un chaînon en métal; si vous vous inquiétez pour ma santé mentale et buccale, c’est que vous avez mal compris.)

Destination Hagi, ville de poterie et de vieilleries, préfecture de Yamaguchi. Direction ryokan avec un aubergiste bête qui me trouve déjà conne, sinon en tant que Japonais il n’aurait pas le droit de m’envoyer des courriels aussi bruts. Mais bon, comme d’hab, on sourira et on pensera au prochain matcha. Dans mon prochain chawan !

On espère fort qu’il y aura un yukata de fourni, et qu’on pourra tinquer du thé vert en poche en écoutant une émission d’humour absurde sous-titrée à minuit, assise en indien (sacrilège !) sur un coussin posé par terre. Et qu’on gèlera des doigts, comne hier nuit à bicyclette, question de rapporter quelques engelures en souvenir.

Ouah, ça va être un voyage épatant, je le sens. (Pourquoi ai-je toujours cette vague impression que tout ce que j’écris est teinté d’ironie ?)

Bon, mon but était de faire une métaphore filée sur le chawan manquant… Faute de connaissances en anthropologie et en évolution tout court, je l’ai pas fait. Pardonnez ce trou dans mon texte; je tenterai de le remplir (de thé ?) et de raccorder tout ça bientôt.

Ce faisant, je vais aller continuer à m’éparpiller. Je suis bonne là-dedans.

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