Archives des articles tagués chat

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je suis la fille aux animaux. je porte sur les pointes du cou
des cerfs brodés et sur les seins
je porte le cri
de la souris qui monte
sur deux orteils aux toilettes
parfois je porte l’absence
de cri du jaseur d’Amérique
mort pour rien au bout des pieds
dans la ruelle trop sale pour son plumage pâle.

je suis celle qui accorde son ramage
à celui de ses hôtes, celle qui
échappe ses histoires en ouvrant trop
le bec, les pupilles radar qui se posent
sur les animaux sacs de billes -
casques de poil
morts, éléphants dans jardin zen -
et peaux tracées sur murs -
chats de rue, oiseaux
listen!
aux pieds levés
hors de leur tourtière.

je suis la femme aux chats crailleurs
et au corbeau botté Converse
je porte au ventre les dents
d’une panthère noire
de monde, les plumes d’un lion
à la griffe véloce, la douceur des peaux
de renard arctique et des fesses
de rat, les bois de cerf
in fur wrapped
et confettis début 80

quand je n’étais pas encore née
humaine.

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Une autre de ces journées qui durent des journées. Une autre.

Puis une autre de ces nuits qui ne sont pas vraiment des nuits, nuits écourtées qui craignent les douches froides.

Ça sent la nuit de redondance, de récursivité presque. Pourtant l’appli météo dit que c’en est une d’étoiles filantes.

Woodkid, lui, dit que c’est une nuit de conquête d’espaces. Passés, présents, futurs, entremêlés, trop forts dans les oreilles, tout ça.

Une nuit de conquête de clubs vidéo par l’autre bord, celui qui n’existait pas avant, le seul qui existe maintenant.

Une nuit de film à rapporter vite mais seulement pour ce soir, seulement pour ce soir.

Une nuit de rattrapage de bus en un jet de lettre d’amour pas trop tard. Un sourire du chauffeur parce qu’on souriait pas pour lui.

Une nuit de râpage d’étoiles pour en garder plus longtemps les traces sur les doigts. Une nuit de gout de patate douce.

Une nuit de demi-lune, de demi-portion, de double chat. Une nuit de mars et vénus félins, une nuit de même affaire.

C’est aussi une nuit de restes
de mains de coudes de viande
de touchers à distance
d’une fourchette
un peu sale

Une nuit de recyclage de chemins et de bourrage de vieux reflets de lune dans des sacs bleu nuit.

Puis un matin vient, et on y survit en rêvant d’une nuit dans une autre nuit.

*** Rédigé à partir de tweets publiés le 9 avril 2014 et modifiés ***

Le premier jour de l’hiver, j’ai eu une tempête.

Quand je me suis réveillée, l’appartement était tout blanc et froid. Le bonhomme de neige à mes côtés avait été éparpillé au vent. Mon corps était sans marque, comme par magie. Mais ma tête était dans un blizzard terrible.

Je me suis levée, enroulée de flanellette, et j’ai mis mes mitaines rouges d’enfant. J’ai déterré Ce Chat, qui s’était creusé un fort sous la couette. Il y avait des glaçons de pris dans ses moustaches, mais il était intact, c’est-à-dire miaulant. Sa plainte se perdait dans le vent.

J’entendais un crépitement de radio dans mes oreilles piquantes : travail… fermé… aujourd’hui… maison… dodo. Mais mon appartement enneigé, je devais trouver mon cocon ailleurs, à l’extérieur, le temps de laisser fondre tout ça. Braver le froid qui déchire et met à nu. Perdre mes pensées une à une au rythme de mes orteils. Trouver une sorte de paix dans la grisaille miroir pour pouvoir mieux affronter le blanc perçant, ici, en dedans.

Aller voir ailleurs où je suis.

J’étais dans le bus, surchauffée. J’étais dans un café, branchée. J’étais dans une salle de spectacle, bondée de bonshommes sans neige. J’étais dans une pizzeria, cassée. J’étais sur le trottoir, errée. J’étais dans un salon de thé, noyée. J’étais dans un bar, empêtrée. J’étais dans le métro, trouvée.

Oui, j’étais là, dans le métro. C’était bien moi que tu as vue derrière la vitre plastique, celle sur laquelle j’ai cogné de ma mitaine rouge. Oui, cogner m’a réveillée. Oui, tu m’as souri, tu m’avais reconnue. Oui, je m’en allais chez moi.

La tempête s’était calmée. J’avais eu une tempête.

Je suis rentrée dans mon appartement nickel. La neige avait fondu avec le chauffage au fond. Il restait des flaques d’eau que Ce Chat léchait avec application. J’ai enlevé mon manteau et mes mitaines rouges pour poser mes doigts et mes cuisses aussi rouges dans les couvertures. Mes vêtements avaient été gris. Tout le reste de mon corps était blanc. Tout le reste de mon corps n’était pas de glace.

Le premier jour de l’hiver, il y a eu une tempête.

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Je suis de retour. Je ne vous laisserai plus, promis. Comme si les promesses et moi, ça faisait pas deux. Ou trois. Ou plus.

 

Un poème comme ça faisait longtemps, ci-dessous. Un carnet rempli d’un projet. Des dizaines de cartes po disséminées. Et un poème dans Poème sale, allez donc le lire.

 

Le retour comme un bon voyage

 

Poils de chat sur la ville

chute

à travers mes verres sales

je me revois tortue à Budapest

cosmonaute à Brno

en pleine ascension

 

Atterrissage sur pattes

chaleur

mon pyjama sent la cave moite

quel bonheur

d’y avoir été

araignée

 

Ronronnements contre ma gorge

clopes

comme autant de discussions qui éteignent

je nous ressens frencher

tu riais de moi

cochonnet

 

Miaulements au matin

caresses

une migraine comme cadeau de retour

plus aucun vêtement qui vaille

je suis devenue mie

pétrissez-moi

 

ou mieux laissez-moi tranquille

 

Morsure après débat

colère

cet appartement ne contient pas assez

de cartes postales

j’ai un chargement de timbres

déjà envoyés

 

Mottes de poil sur désert

calme

flux et refus d’ondes

contre mes yeux trop pleins

de beauté

et autres tristesses

 

Jouet lancé contre le mur

crisse

pourquoi ne le défonce-t-il pas?

mon poing dans l’air déconne

et tient une poignée d’euros

fort

Image

Des biscuits chinois apportés au lit,

de la sagesse à déguster au lit.

Un message me demande où est mon coeur,

et un autre me dit de pleurer au lit.

Tombent autour de moi des larmes et des miettes,

que le chat s’en vient ramasser au lit.

Bouche pleine et yeux pleins d’eau, je me dis que

j’ai toujours voulu déjeuner au lit.

Mon chat et moi, nous dormons en cuillère,

parmi celui que j’ai aimé au lit.

Mon âme aujourd’hui, une feuille d’érable
tombée, certes, mais aussitôt envolée
un appétit de terre et d’air
planté sur un corps de rosée

Il y a de ces jours où le coeur
veut aller plus vite que le respir
et s’enfarge dans la feuille sur le tapis
et ébrèche le bec de sa théière

Avec l’automne mon souffle est revenu
à la base, pu-er sur feuilles
question de décanter les battements
du reste des évènements réels

Les gestes ont dû reprendre le dessus
et les autres directions, dont la grâce
d’avoir été une feuille parmi tant d’autres
et peut-être aussi le chat

Mes mots coulent d’un coup, trois doigts
d’eau au fond du bol, et frappent
les parois pour rendre vert
ce qui reviendra à mon essence

Photos instagrammées. Suivez-moi: @meme_aimee.

Il y a de cela un mois déjà, je m’embarquais dans la folle aventure du 20-Day ArtGift Challenge du fantastique AndHeDrew juste pour voir. Je devais donner une oeuvre d’art par jour, de préférence à un inconnu. Bon, j’ai plus ou moins respecté cette seconde partie, finissant par en donner la moitié à des amis slache connaissances.

Mais j’ai quand même pilé sur ma fierté de fille qui veut être lue mais pas dans sa face, et j’ai donné, de même, des haïkus souvent inspirés par la personne elle-même et ce que mon fouinage m’avait permis d’obtenir : titre du livre lu, sujet de la conversation au cellulaire, etc.

Ça a marché en maudine. Les gens étaient contents. J’ai eu des superbes conversations. Pis en plus, un poème (assez) bien écrit sur une fiche cartonnée, ça fait un maudit beau signet.

Je suis rendue accro (quoique toujours aussi gênée au moment du don), de sorte que j’ai décidé de continuer sur ma chire – et même d’en virer une plus solide encore. @Josianes m’a demandé un poème pour mettre sur son chien, et évidemment, j’ai immédiatement accepté. Je pense qu’y a pas que les humains qui méritent de s’orner de beauté (lire : je n’approuve la mode pour animaux que lorsque c’est BEAU).

Résultat : j’ai lancé, il y a de cela 15 jours, la série #poemsforpets (vous l’aurez peut-être vu passer sur Twitter, FB ou Instagram). Après avoir vu une photo de l’animal et eu quelques infos sur lui (son âge, son nom bien sûr, son caractère), j’écris un haïku (en français or in English) pour lui et son maitre. Pis je vous l’envoie par la poste en plus… tout cela au même prix que l’affection de votre pitou-minou-chou, c’est-à-dire rien. Ben, rien pour la seule place qui reste. Après, ça va changer.

Voici quelques exemples (rendus plus beaux grâce à Instagram) :

Pour le Winston à @Josianes

For @alimisses’s Igor

Pour Grégory Charles et Marlon à @annakarenine

Écrivez-moi un commentaire ici ou sur Twitter (@meme_aimee) si vous en voulez un.

1.
soleil éclatant
mes yeux brulent de voir facebook
converger enfin

2.
la cour intérieure
des papillons volent en groupe
il y a une issue

3.
matin d’insomnie
un masque pour rafraichir
mon visage rougi

4.
au gré de la vie
les itinéraires changent
tout le monde le sait

5.
la terre tourne carré
mon cerveau suit égaré
fenêtre bouchée

6.
je n’ai plus cours mais
je suis livrée à vous tous
mes dignes professeurs

7.
barbecues en feu
le chat qui dort rêve plutôt
de sushis bien frais

Je m’incline sous les charges de travail et décline la fatigue sous toutes ses inflexions.

- Sous mes yeux, des demi-cercles dont les pointes tendent vers le haut, certes, mais qui au fond me creusent et m’évident. Des sourires qui m’évitent… ou plutôt, que j’évite.

- Sous mes cernes, des joues qui se serrent, des dents qui compriment de l’air au rythme des allées… et des allées. Les venues n’en sont que trop courtes.

- Sous mes joues, un cou penché vers l’avant (la fin de semaine) ou vers l’arrière (la fin de semaine) dans une rotation sans fin. Le poids et les craquements, l’éclatement.

- Sous mon cou, des épaules qui se tendent pour le saut, comme si le coeur allait exploser et qu’il fallait s’y tenir préparée. En flottement, l’indifférence.

- Sous mes épaules, une poitrine serrée de caféine et de manque de, puis une poitrine desserrée par le flot – le flux – le chosy chose là. Du mouvement perpétuel.

- Sous ma poitrine, un ventre qui a peur – de lui, de moi, des autres ventres. Des cris. Du prix des choses. Des choses de la vie.

- Sous mon ventre, le rejet de la journée de la femme.

- Sous le rejet, il y a moi. Il y a l’amour tapi qui se manifeste dès qu’il peut, dès que mes yeux sont ouverts. Il y a le sol aussi, et mon chat qui s’y tient à coeur de jour. Il y a des morceaux de coeur que je balaie le matin avec la litière. Il y a tout un réveil à construire.

Je me lève. Bon matin.

Vous attendiez du frais, vous en aurez, même s’il ne sera malgré tout que du réchauffé. J’ai décidé de recycler mon article le plus populaire, celui sur lequel tombent tous les infortunés qui googlent "noel hemisphere sud", à la recherche d’information véridique : voici.

Je l’actualiserai tellement que vous n’y verrez que du feu. Sérieux, vous aimerez, tout comme moi, faire un retour dans le temps pour voir où était cet avant-Noël passé.

Go.

Sérieux, on s’y croirait, dans l’hémisphère Nord. Une promenade de magasin en magasin sur les plateaux sous le soleil pétillant, et me voilà bien gelée. Charriée. Puis, finalement, dans un autre port.

(Je sais que ça ne fait pas très sérieux de commencer un article par “Sérieux…” Les probabilités que le mot suivant soit “doude” sont élevées. Mais ne vous inquiétez pas, je ne suis toujours pas rendue là. Enfin presque.)

Une semaine avant Noël 2011 à Montréal : -15 degrés sous le soleil ; une visite de 25 boutiques dont le Mondou (le chat au ventre en l’air, souvent ronronnant, si accueillant à l’entrée de mes bottes renversées, est désireux de se faire faire un cadeau) ; deux lattés dans une boulangerie avec vue sur un tas d’îlots de cuisine industrielle et de robots nippons ; un déambulage à pas de chats dans la ruelle glacée et un captage de bas à l’appareil iPhoto ; une erreur de jour qui me fait croire trop tard que nous sommes samedi alors que c’est dimanche ; un souper de pizzas réchauffées (boulange chaude pour mon estomac) et de gâteau pas gouté ; une radio sur le divan comme une île dans une mer froide ; une révélation.

Oui oui, j’ai bien dit une révélation. J’ai compris ce qui m’anime, ce qui fait ma particularité, ce qui pourrait être mon middle nom si la loi le permettait : Dimanches. Avec un D majuscule. Hé oui, je suis une profiteuse pur-sang. Mes dimanches préférés ne sont qu’une accumulation de courts moments, de prises de conscience inespérées, de tweets isolés, de trouvailles improbables, de tasses de plaisir. Pour moi, attendre le dimanche est difficile ; je commence immanquablement à imaginer un ou deux détails que j’ai glanés dans un des dimanches précédents et qui, pour moi du moins, suffisent à rendre à l’attente de la beauté toute son importance.

Cette révélation m’est venue alors que je prenais une photo de trois bas. En fait, je cadrais les bas en plein centre, et ces seuls bas évoquaient le plaisir simple de Noël. La lumière aussi. Parce que cette charmante mise en scène de trois bas rouges suspendus à une corde à linge suffisait sans doute à donner à une poignée de grands enfants ronds des expressions faciales étonnamment simplistes.

Cette révélation s’étire, reste dans mon esprit sous la forme d’un rayon de chaleur que j’aimerais qu’il s’éternise jusqu’à minuit. Elle me fournit le fil conducteur de bien des écrits.

Une image s’impose à moi alors que je vais regagner ma chambre froide : une rangée de verres de vin, de gros ballons rouges sur un fond sombre, qui garderont leur chaleur jusqu’à ce qu’ils fassent doucement sombrer les grands enfants dans le rêve du prochain dimanche.

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