Archives de la catégorie Français

je n’écris pas souvent sous l’effet de la métacognition

mais il fait parfois bon frapper

à sa propre porte

pour l’heure du thé, du fond

en forme de pirate, d’ancre, d’échine

étirer une carte conceptuelle au trésor

je viens avoir sur moi une perspective critériée

j’apporte un moniteur dont les sauts conceptuels

restent à flot avec mon beat

résonnent dans ma ligne de pensée magique

où énergie est magie et cognition

à la deux

je n’ai pas envie d’écrire juste de trop lire

pour que tout se déplace en orbite

d’un oeil à l’autre, des auras

d’argentique bonheur

de ne pas me voir

trainée au fond d’un bac

à ma remorque j’ai un portfolio d’études

contrastées, un temps de réflexion,

un plongeon au pays du sol et un relever

l’urgence au fond, les tempes à l’air

du temps a passé peu importe

je bois toujours le buvable

à l’heure de l’ignorance étale

je tire un tapis entre mes jambes,

y trouve des fleurs, beauté

normative, odeur de chien mouillé

les chiffres en ligne ont défiguré l’empan

je me les jette à la figure

à l’heure de l’autoévaluation

j’ai déjà tourné les talons d’un quart de tour

et la seule chose que je laisserai

me défigurer

est la tasse de thé froid

comme je l’aime.

En février,
elle va aussi construire ce magma d’informations
entre sphère privée de
et sphère engagée!
la presse de l’époque
ne se contente plus d’occuper
comme on part au combat scrupuleux.

– Comment tu t’appelles ce mois-ci?
– Un clivage fascinant.

Perplexe, l’aînée,
comme la surnommait la benjamine,
a passé au crible
le code vestimentaire
du super-héros
pour parvenir à ses fins
où même Causette
est publique.

Deux nouvelles sorties :

<>

<< !

*** Collage de bouts de phrases aléatoires tirés du magazine Causette (no 53), à la ponctuation et au signe typographiqhe près. Seul le sens manque. ***

On ne me fouettera jamais pour avoir écrit ce texte. Raif Badawi, lui, a été condamné à 1000 coups de fouet et 10 ans prison pour avoir blogué.

j’ai souvent l’angoisse du passé
la nostalgie de l’avenir
quelques couvertes mal placées

tous mes embryons
de pensées se retrouvent
poussés au pied du lit, ensachés

et au rêve violent d’irréalité succède
la rage de suivre
des chemins tracés par d’autres

juste assez divergents
pour les croire miens.
aurais-je peur (comme vous)

de vieilles conséquences qui tirent
à bout portant?
aurais-je pu (comme vous)

porter plus voix
profiter des longueurs d’autoroutes
pour raisonner mieux?

la peau dépasse, la peau dérange
au coeur de l’Indien
qui n’a que pierres aux mains

au virage les rayons du soleil
tentent l’affront du réveil
mais ce n’est jamais assez pour

me fouetter.

sur la commode une pile de temps acheté
en forme de mains craquantes
un sel et un sucre un baume
de chocolat sur les plaies de lit

les soirs de monadnocks tombent
stalagtites dans les paumes crispées
et la nuit des livres ne s’impriment pas
ailleurs que sur nos visages pâles

étourdis sans sommeil nous colorions
un peu à côté des mots, des chiffres
et des commentaires bourrés
à qui la faute, à quoi?

lorsque nos mains lâcheront les clés en un bruit
sourds aux apostrophes nous serons
incis entre deux couvertures
les doigts tachés de temps.

Tintin et ses yeux échos et ses trois centimètres qui tiennent tout seuls

danse. Vous n’avez jamais vu Tintin danser

mais Radio Radio, Loco Locass, un pied à côté de l’autre

le vin déporte. Surtout en grande quantité

mais toujours à l’intérieur d’une bouteille, les autres verres

se choquent. Pas Tintin, toujours égal à lui-même, toujours trop

à l’aise, Bob Sinclar Mylène Farmer, les bonnes années Unity et Sky,

quand les Moldaves se réunissaient sur le toit – j’espère

que les miladies et chevreuils de ce monde verront dans le pied droit

la course, le prolongement de l’aventure dans une

chanson. Car si les couettes tiennent à la mousse, les mots

tiennent sur des lignes, minces traces laissées longue-vue sur l’oeil.

dormir à l’envers du lit, la tête aux pieds, sans défaire les draps, une bande rouge comme ciel mais invisible

l’oeil nu s’éclate. une griffe, une dent, un jeu. le chat ne me croit pas

et il a bien raison. je palpe des livres de flanellette mauve comme un enfant analphabète, la bouche en

bave, l’horreur. le mou s’accommode bien du mou. mes yeux sont mous, le noir est mou, le vent

est noir. je pixellise des obligations, en ris. le chat s’assoit perplexe, je ris,

la tête dans un sac de couvertes. il fait trop de degrés pour que je croie à mon hibernation, de toute

façon le vent m’apporte une odeur de céréales. chaudes,

noires. longues.

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J’ai une bosse de bison.
Une colonne de dinosaure plié, une vertèbre crapoteuse.
La pose et moi, nous faisons deux.
J’ai la toison brune qui me reboucle dans les yeux, le grain de blé dans l’oeil, la baboune avachie.
J’ai la peau fendante, la tête à angle bas, les griffes qui pognent dans le clavier –
j’exulte dans ce détail qui fuit, ce point trop tiré du i.
J’ai les sabots qui se cognent ensemble dans l’air et ça n’est pas visible.
J’ai la queue à pics qui virevolte dans la cuisine et seul le prélart craque.
J’ai le corps qui se déploie en plus d’une image seconde –
je suis mobile.
Chaque encyclopédie ne porte plus vraiment ma photo; je disparais vite
et laisse plus d’une trace.
Alors je veux qu’on se souvienne de moi comme des points à relier,
une Haute-Gaspésie en deltaplane lourd.

quelque part un poing sous l’omoplate tu échafaudes des noeuds des théories destructivistes
les respirs en branle les combats sous l’aileron les gélules en petits paquets de toi
avalés
tu touches du doigt le spasme tu le serres non c’est le spasme qui t’agrippe ne résiste pas
fais-toi dire des phrases trop longues camoufle les pauses sur ta corde les endroits à mâcher
déglutis
quelque part mais pas couchée surtout pas en mouvement vers le coucher les serres du rêve
autour de ton cou tu grapilles les vêtements que tu peux le port que tu peux tu l’atteins
intègre
la descente en rappel cet acte manqué déchirure du tendon cuir qui t’est cher laisse les bras
tomber. ne revole pas, n’éclate surtout pas, tiens-toi en un seul morceau. une seule dimension
comprise
les rires ne te blessent pas ce sont des beignes qui rebondissent des vertèbres lousses de la molle-mère
mais le clou qui glissera de l’échafaud tu le connais d’avance tu le figes en place il sursaute
rasséréné.

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Quand mes étudiants écrivent, j’écris aussi. Moments de poésie durs à croire s’entrecroisent dans une salle
grise comme fer, aux sommeils rideaux et aux écrans tirés jusqu’en bas – nous traçons le familier, faisant comme si nous ne voyions que lui.

Je pose ici mon calligramme d’aujourd’hui. Le sonnet de la semaine dernière (sera terminé et) viendra s’y ajouter.

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1. le patriotisme ordinaire

marteler de la gauchetière des deux sciatiques
ô canada
pas assez fashionable mais trop late
terre de nos aïeux
kazhaks, etc., 64 pays non nommés dans les deux langues
ton front est ceint
comme dans ceinture bien sûr avais-tu déjà vu ce mot

sauras-tu expirer sans qu’on te reproche d’imiter
moi je n’expire même pas
de fleurons glorieux
car ton bras posera la feuille là, tout juste entre le coeur
et la tête
ton corps droit sait porter l’épée
mieux qu’un quelconque bénévole adulé gauchement

dans deux jours tes oreilles ouvrables
la litanie des femmes seules
te concernera, ô travailleur
we stand on guard
dans le malaise des jambes droites
combien de citoyens expireront
sur ce tapis
en fioritures?

2. le régime ordinaire

douze visages nommés dans cinq langues
pays laissés aux maris, etc.
nos fronts d’argile nos rêves fashion
nos tissus dégringolants
bien sûr on pouvait toutes transmettre ce qu’on ne voulait pas

saurai-je sécher mon sourire
riquissimo
vos aloès rouges-gorges
vos odeurs de croix
je ne chanterai pas sur le trottoir cette fois
j’applaudirai
comme si vos vies en dépendaient

la litanie des femmes se trouve ici
possibilité d’être partout heureuse mais en femme
ô canada
de shake à tout prendre
terre des aïeux sur les joues à deux doigts
terre de livres à perdre

la main sur le livre saint jurer
pas comme dans juron bien sûr vous aviez compris

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